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Deontofi.com a lu pour vous l’encyclique du pape Léon XIV sur les enjeux de l’intelligence artificielle pour l’humanité, 1er chapitre.

Léon XIV et l’IA: 1 PENSÉE DYNAMIQUE FIDÈLE À L’ÉVANGILE

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Dans ce 1er chapitre, le Pape Léon XIV retrace et justifie, à coup de références historiques, son rôle pour promouvoir les valeurs chrétiennes d’humanité et fraternité, en guidant les réflexions de ses contemporains sur les enjeux de leur époque.

En creux, on peut évidemment y lire une nécessaire mise au point, sinon une réplique, aux attaques directes, insultantes voire injurieuses de Donald TRUMP, s’en prenant personnellement au Pape Leo mécontent qu’il ne chante pas la gloire de ses campagnes guerrières.

S’il est vrai que ces attaques trumpistes, venant d’un escroc radical biberonné au KKK, ont indigné la chrétienté dans le monde entier, et l’Italie jusqu’à Georgia Meloni, croire que le Pape répondrait à TRUMP, est déjà une lecture biaisée, par la banalisation des pièges dont vivent les bouffons du verbe, inexistants sans adversaire…

L’intelligence des érudits ne doit pas répondre à la bêtise des abrutis, car ce serait faire le jeu des spectacles qu’ils mettent en scène pour abrutir le plus large public.

Pour ceux qui s’intéressent davantage à la compréhension profonde qu’à la téléréalité, l’exposé du Pape retrace la continuité de prise de parole de l’Eglise sur les enjeux de société, sans nul besoin d’alimenter l’égo de ses détracteurs. Puisque de toute façon : « Ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Réplique implicite aux attaques politiques anti-paix

(§22) « À partir de cette double reconnaissance – l’autonomie des réalités terrestres et la distinction des compétences entre la communauté ecclésiale et la communauté politique –, il est plus facile de comprendre l’orientation que le Concile Vatican II a donnée à l’Église dans ses relations avec le monde. (…) L’écoute des différents langages n’est pas une simple attention sociologique mais implique un discernement spirituel dans lequel, avec l’aide de l’Esprit, le peuple de Dieu reconnaît dans les transformations culturelles et sociales non seulement les signes de la présence du Christ qui vient et guide l’histoire vers son accomplissement mais aussi les dérives qui en obscurcissent le visage. Ainsi, la Vérité révélée n’est pas modifiée dans son essence, mais explicitée et assumée comme critère vivant pour orienter des choix concrets (…) »

(§23) « L’Église considère comme compagnons de route tous ceux qui cherchent sincèrement « la vérité, la bonté, la beauté », en les considérant comme « de précieux alliés » [12] dans la défense de la dignité de chaque personne et dans la sauvegarde de la création. (…) l’Église ne craint pas la rencontre avec le savoir humain. (…) l’Église accueille la contribution des sciences sociales « afin d’en tirer des indications concrètes dans l’accomplissement de ses tâches magistérielles ». [13] La confrontation avec ces savoirs n’affaiblit pas la force de l’Évangile ; au contraire, elle permet de discerner avec plus de lucidité ce qui favorise réellement la vie des personnes et des communautés.

Entre la science, et l’obscurantisme tissé de réalités alternatives des politiques réactionnaires, l’Église que représente le Pape a choisi la première : la voie de la lumière scientifique contre celle des ténèbres d’ignorance.

(§24) « ce dialogue fécond entre l’Évangile et les savoirs humains, (…), faisant mûrir au fil du temps un patrimoine de sagesse doté d’une cohérence théologique et anthropologique enracinée dans la vision chrétienne de la personne (…) ne se traduit pas en répertoire de solutions techniques ni en modèle économique ou politique à opposer à d’autres : il appartient à un registre (…) des principes qui orientent la lecture des événements et soutiennent une interprétation évangélique des processus historiques comme des choix qu’ils impliquent. C’est de là que découle la fonction propre de la Doctrine sociale qui ne prétend pas se substituer aux responsabilités de la politique et des institutions, mais s’offre comme soutien au discernement (…) »

(§25) « Saint Jean-Paul II invitait à porter un regard sincère sur les temps où l’on a cédé à «
des méthodes d’intolérance et même de violence dans le service de la vérité », [16] afin de retrouver la voie évangélique de l’annonce douce et de la vérité qui ne s’impose pas. Dans le même esprit, j’ai réaffirmé que l’Église « ne veut pas lever l’étendard de la possession de la vérité », [17] car la vérité n’est pas un territoire à défendre, mais un bien à partager. (…) « le temps est supérieur à l’espace » : [18] il ne s’agit pas avant tout d’occuper des espaces de pouvoir ou de défendre des bastions culturels, mais d’engager des processus de bien et de les laisser mûrir. (…) C’est une vérité qui ne craint pas la diversité, mais l’accueille et l’ordonne ; elle n’élimine pas les conflits, mais les transfigure ; elle recompose ce que l’histoire tend à disperser. »

(§27) « lorsque la dignité des frères est bafouée, lorsque la politique ne répond pas aux drames de l’humanité, lorsque l’économie se retourne contre la personne ou que la science dépasse les limites de sa méthode, [22] l’Église – avec les autres confessions chrétiennes et les croyants d’autres religions – doit faire entendre sa voix, non pour dominer, mais pour servir la communion. Ainsi comprise, la Doctrine sociale devient une théologie de la communion dans l’histoire, un lieu où la Parole devenue chair continue à se faire dialogue, mémoire et prophétie. »

RAPPEL HISTORIQUE : naissance de la DOCTRINE SOCIALE de l’Eglise en 1931

(§31) « L’Encyclique Quadragesimo anno de Pie XI, publiée en 1931 à l’occasion du 40 anniversaire de
Rerum novarum [ndlr 1891] et en pleine crise économique mondiale [ndlr …du Krach de 1929 au nazisme…], franchit une nouvelle étape dans le développement du Magistère social. Elle ne se contente pas de reprendre la question ouvrière, mais élargit son regard à la configuration générale de l’ordre économique et politique. Elle dénonce la concentration du pouvoir économique entre les mains d’une minorité ; elle critique tant la concurrence sans limites que les projets collectivistes annulant la liberté et la responsabilité des personnes ; elle rappelle avec force le droit d’association des ouvriers et réaffirme l’exigence que le salaire soit proportionné non seulement à la prestation, mais aussi aux besoins de l’ouvrier et de sa famille. »

SUBSIDIARITÉ ET RÔLE DES CORPS INTERMÉDIAIRES, ASSOCIATIONS, SYNDICATS

(§32) « Pie XII attribue en outre un rôle décisif aux associations professionnelles, aux syndicats de travailleurs et aux divers corps intermédiaires de la vie économique et sociale, reconnaissant dans ces formes organisées de la société un rempart essentiel pour l’équilibre civil et la sauvegarde du bien commun.Il défend la nécessité d’un État de droit solide pour prévenir les abus de pouvoir et considère la démocratie un instrument susceptible de favoriser un exercice correct de l’autorité. En même temps, il met en garde contre toute prétention de fonder le droit sur l’utilité ou la force, rappelant qu’un ordre international fondé sur l’avantage des plus forts expose les peuples les plus faibles à l’oppression et mine la confiance entre les nations. Il identifie enfin, dans les profonds déséquilibres économiques entre pays, l’un des facteurs alimentant les conflits. [26] À notre époque, marquée par de nouvelles formes de pouvoir mondial et par des inégalités croissantes, trois orientations restent particulièrement importantes : la nécessité de faire passer le droit avant l’intérêt, la prise de conscience que les disparités économiques constituent un terrain fertile pour les tensions et les violences, et la valeur d’un maillage associatif capable de jouer un rôle de médiateur entre l’individu et l’État. Elles continuent d’offrir à la Doctrine sociale des critères importants pour interpréter les dynamiques de la mondialisation et pour promouvoir un ordre international plus juste et pacifique.

([26] = Cf. Id, Discours au Sacré Collège des Cardinaux et à la Prélature Romaine (24 décembre 1940) : AAS 33 (1941), p. 13.

Jusqu’à affirmer les libertés de toutes les croyances.

MENACE INTÉGRISTE POLITICO-RELIGIEUSE : l’Église reconnaît la liberté de religion, plaidoyer pour la laïcité, garante de cette liberté

(§34) « Rappelée dans la Déclaration Dignitatis humanae [ndlr 1966] « la liberté religieuse est un droit fondamental enraciné dans la dignité de la personne qui doit être garanti par l’ordre juridique afin que nul ne soit contraint d’agir contre sa conscience ou empêché de rechercher ou de professer la vérité en privé et en public. [30] Ce principe, d’une grande importance pour notre époque, continue d’offrir à la Doctrine sociale des critères décisifs pour la protection de la personne et pour la construction de sociétés pluralistes et pacifiques. »

(en 2015 pour préparer un débat qu’on m’avait confié sur « le fait religieux en entreprise »… DISCOURS MACRON)

DÉVELOPPEMENT HUMAIN HARMONIEUX = NOUVEAU NOM DE LA PAIX

(§35) « Paul VI émerge une conception de la paix qui ne se réduit pas à l’absence de guerre, mais qui prend forme dans le cheminement vers un développement humain intégral. Dans Populorum progressio [ndlr pour Pâques le 26 mars 1967], il décrit le développement comme un passage de conditions de vie moins humaines à des conditions plus humaines et le conçoit comme un processus qui concerne tout homme et tout l’homme, [31] c’est-à-dire toutes les dimensions de la personne et tous les peuples, sans exception. Sur cette base, Paul VI peut affirmer qu’un développement ainsi conçu est en réalité « le nouveau nom de la paix », [32] car il vise à éliminer les racines de l’injustice et du conflit et à ouvrir des espaces de vie plus dignes pour tous. »

QUAND ON CROYAIT QUE LA MONDIALISATION DES MARCHÉS AMÈNERAIT LA DÉMOCRATIE ET LA PAIX

(§39) « À l’occasion du centenaire de Rerum novarum [ndlr 1891->1991], l’Encyclique Centesimus annus offre enfin un discernement sur l’effondrement du système soviétique et l’affirmation de la démocratie et de l’économie de marché. Saint Jean-Paul II réitère le message de Pie XII selon lequel l’Église peut apprécier la démocratie dans la mesure où elle garantit la participation effective des citoyens, permet de choisir et de remplacer pacifiquement les dirigeants et empêche que le pouvoir ne soit monopolisé par des élites restreintes motivées par des intérêts particuliers ou idéologiques. [40]
De même, elle reconnaît le potentiel positif du marché et de l’initiative privée uniquement s’ils restent soumis à la loi morale et guidés par le principe de solidarité, sans sacrifier les plus faibles à la logique du profit. [41]
La Doctrine sociale de l’Église laisse ainsi un héritage particulièrement actuel : l’affirmation du lien entre dignité du travail, solidarité entre les peuples et évaluation critique de la démocratie et de l’économie de marché continue à offrir des critères pour juger les nouvelles formes d’exploitation, d’exclusion et de crises de la représentation politique. »

2009 CONSTAT DES ÉCHECS DU LIBÉRALISME (SAUF POUR RICHES ET PUISSANTS DOMINANTS)

(§40) « Dans son Encyclique sociale Caritas in veritate [ndlr 29 juin 2009], le Pape Benoît XVI a souhaité reprendre et approfondir le concept de développement présenté dans Populorum progressio [ndlr 26 mars 1967], en le replaçant dans le contexte de la mondialisation. Il rappelle que ce développement devrait se traduire par « une croissance réelle, qui s’étende à tous et soit concrètement durable », [42]
c’est-à-dire par un progrès économique véritablement inclusif et respectueux des limites de la création. Il constate toutefois que, dans les pays riches, de nouvelles catégories de pauvres apparaissent et que des formes inédites d’exclusion se multiplient, tandis que, dans les régions plus pauvres, de petits groupes vivent dans un bien-être consumériste qui cohabite avec des situations de misère déshumanisante. [43]
Il observe en outre que le nouveau système économique et financier mondial, caractérisé par une grande mobilité des capitaux et des moyens de production, a réduit le pouvoir politique des États ainsi que leur capacité à orienter les processus économiques. [44] C’est pourquoi il réaffirme que l’activité économique ne peut prétendre résoudre les problèmes sociaux en élargissant simplement la logique du marché, mais qu’elle doit être ordonnée au bien commun, envers lequel la communauté politique porte une responsabilité propre et irremplaçable. [45] »

Dans la même période, de nombreux économistes et chercheurs en sciences sociales réfléchissaient à la mesure du bien-être (« Beyond GDP », au delà du PIB), notamment avec le rapport « Stiglitz, Fitoussi, San ». Dans la foulée seront adoptés les 17 Objectifs de Développement Durable (=ODD = SDG, Sustainable Development Goals) ont été adoptés par l’ONU en septembre 2015, avec l’ambition de bâtir un monde meilleur et plus durable en 15 ans, à l’horizon 2030… Puis les « Accords de Paris » en décembre 2015 pour lutter contre le dérèglement climatique. MAIS TOUT EST PARTI EN VRILLE.

COMMENT LA PRIVATISATION DU POUVOIR A DISQUALIFIÉ LES POLITIQUES AU SERVICE DU FRIC

« Il observe en outre que le nouveau système économique et financier mondial, caractérisé par une grande mobilité des capitaux et des moyens de production, a réduit le pouvoir politique des États ainsi que leur capacité à orienter les processus économiques. [44] C’est pourquoi il réaffirme que l’activité économique ne peut prétendre résoudre les problèmes sociaux en élargissant simplement la logique du marché, mais qu’elle doit être ordonnée au bien commun, envers lequel la communauté politique porte une responsabilité propre et irremplaçable. [45]

INTERDÉPENDANCE DES CRISES SOCIO-ÉCONOMIQUES ET ENVIRONNEMENTALES

(§43) « Avec Laudato si’ [ndlr « Sois-loué », 24 mai 2015], François propose la première grande analyse systématique de la crise environnementale dans une Encyclique sociale, en montrant qu’il ne s’agit pas d’une question sectorielle, mais de l’aspect écologique de la crise socio-économique contemporaine. Sa proposition d’écologie intégrale associe la sauvegarde de la Maison commune et l’option préférentielle pour les pauvres et affirme avec force que « tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres » [48]
ne peuvent être séparées. Dans cette optique, reviennent au premier plan la destination universelle des biens, la critique d’un paradigme technocratique prétendant tout réduire à un objet de domination, la défense du travail humain menacé par la logique du rejet, l’exigence d’une justice entre les générations et l’appel à un véritable dialogue entre politique et économie, afin qu’aucune des deux ne s’enferme dans son autoréférentialité. »

« la crise environnementale (…) il ne s’agit pas d’une question sectorielle, mais de l’aspect écologique de la crise socio-économique contemporaine. Sa proposition d’écologie intégrale (…) affirme avec force que « tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres » ne peuvent être séparées. (…) la destination universelle des biens, (…), la défense du travail humain menacé (…) d’une justice entre les générations et l’appel à un véritable dialogue entre politique et économie (…), dans la lignée du philosophe contemporain Bruno Latour (1947-2022).

FIN DE LA 1ère PARTIE

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