Autrefois confidentielle, circonscrite à des congrégations et fondations ayant des exigences éthiques spécifiques pour leurs investissements (excluant par exemple l’alcool, les armes ou le tabac…) la préoccupation éthique s’est généralisée. L’investissement solidaire a pris le relais en orientant directement une partie de l’épargne vers l’économie sociale et solidaire (ESS). Pour simplifier, on distingue deux grandes familles de placements solidaires : les placements de partage et les investissements à vocation solidaire, certains cumulant ces approches. À l’occasion du prix de la finance solidaire, décerné en collaboration avec Finansol, et un an après la disparition de notre confrère et ami François de Witt qui en fut l’un des plus ardents promoteurs, nous avons enquêté sur l’épargne solidaire et rédigé trois articles parus dans Le Monde du 9/11/2017.

Comment devenir un épargnant solidaire ?

Placements de partages, fonds solidaires ou investissement direct, « Le Monde Argent » vous explique les différents moyens de se diriger vers l’économie sociale et solidaire.

Donner du sens à son argent et investir de façon socialement responsable en respectant des objectifs de développement durable devient une priorité pour beaucoup d’épargnant. A l’origine circonscrite à des congrégations religieuses et des fondations ayant des exigences spécifiques pour leurs investissements (excluant par exemple l’alcool, les armes ou le tabac…), la préoccupation éthique s’est généralisée. L’investissement solidaire a pris le ­relais en orientant une partie de l’épargne des particuliers vers l’économie sociale et solidaire (ESS), qui se divise en deux grandes familles : les placements de partage et les investissements à vocation solidaire.

Sous le capot de l’épargne salariale solidaire

Principal canal de diffusion de l’épargne solidaire en France, les fonds communs de placement d’entreprise (FCPE) solidaires sont peu connus du grand public. De quel type de placement s’agit-il et comment sont-ils gérés ?

Les FCPE solidaires sont une déclinaison des fonds habituellement proposés dans les Plans d’épargne d’entreprise (PEE), auxquels ont accès la plupart des salariés dans les grands groupes, mais moins souvent dans les PME. Pour mémoire, le PEE est une enveloppe fiscale permettant de placer sa participation et son intéressement dans des fonds d’investissements en échappant à l’impôt sur le revenu. Les employeurs généreux peuvent donner aux salariés un abondement allant jusqu’à trois fois leurs versements, dans la limite de 3138 euros en 2017, aussi exonérés d’impôt sur le revenu. Au bout de cinq ans, ou selon des cas de déblocage anticipé (mariage, divorce, achat de son logement…), les gains ne subissent que les prélèvements sociaux (17,2%). Le Perco (plan d’épargne retraite collectif) est une sorte de super-PEE bloqué jusqu’à la retraite avec les mêmes avantages, sur lequel l’employeur peut offrir jusqu’à 6276 euros d’abondement annuel.

La loi Fabius du 17 février 2001 a obligé les sociétés ayant un PEE à y proposer au moins un FCPE d’investissement socialement responsable (ISR), et celles ayant un Perco à y proposer au moins un FCPE solidaire. La CFDT, CFE-CGC, CFTC et CGT ont créé dans la foulée le Comité intersyndical de l’épargne salariale (CIES) pour labelliser les gammes de fonds ISR proposées dans les PEE. « Tous les FCPE solidaires ne sont pas ISR, même si beaucoup respectent cette approche, explique Geoffroy de Vienne, représentant de la CFTC au CIES. Nous avons labellisé une douzaine de gammes dont nous contrôlons régulièrement les fonds et que l’on retrouve sur le site web ci-es.org .»

Les FCPE solidaires n’ont vraiment décollé qu’avec la loi de modernisation de l’économie (LME) qui a rendu leur présence obligatoire depuis 2010 dans tous les PEE, et pas seulement dans les Perco.

Cette étape a été décisive pour l’investissement solidaire. Un peu artisanale au départ, quand il y avait peu d’argent et tout à inventer, la gestion des actifs solidaires des FCPE s’organise, et franchit une nouvelle étape de professionnalisation avec la loi Hamon du 31 juillet 2014, qui modernise l’économie sociale et solidaire, en créant notamment le statut d’ESUS (entreprise solidaire d’utilité sociale).

« Votre argent peut avoir un impact, à vous de décider lequel ! »

Interview : Pourquoi l’investissement solidaire et socialement responsable (ISR) n’attire pas les foules ?
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Philippe Zaouati, directeur général de la société de gestion Mirova, répond à nos questions et propose des pistes pour améliorer la visibilité des placements solidaire et socialement responsables.

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