Miser sur les indices boursiers ou tenter de les battre, que vaut la gestion indicielle ? Les réponses de Deontofi.com

Avec la bonne tenue des marchés boursiers depuis plusieurs années, de plus en plus d’épargnants veulent y revenir mais ne savent pas comment s’y prendre et quels placements choisir. Quelle proportion d’actions faut-il mettre dans son patrimoine pour dynamiser ses économies à long terme ? Faut-il tenter de battre les indices boursiers ou vaut-il mieux se contenter de suivre au plus près leur performance ? Les réponses de Deontofi.com

Retrouvez ici l’interview vidéo de Deontofi.com sur BFM Business TV le 16/01/2018.

1/ La Bourse monte, est-ce encore le moment d’investir ?

Le problème avec la Bourse est que plus elle monte, plus les épargnants se disent qu’ils devraient y investir, mais plus ils attendent, plus le risque de retournement augmente d’un simple point de vue statistique. Historiquement, la Bourse baisse environ une année sur quatre. Ce n’est pas une règle prévisible, et surtout les baisses ne reviennent pas à intervalle fixe, mais cela donne une idée des probabilités. Généralement, les actions sont moins risquées après une période de forte baisse et plus exposées aux replis après plusieurs années de hausse.

Avec un gain de 9,3% en 2017, l’indice CAC40 a connu trois années de hausse consécutives, même si cette hausse n’a pas toujours été très convaincante : +8,5% en 2015, +4,9% en 2016. Mais si l’on inclut le léger repli de 0,5% en 2014, on a quasiment six années de hausse avec des scores de +15,2% de hausse en 2012 et 18% en 2013. En six ans, l’indice CAC 40 est ainsi passé de 3160 points fin 2011 à 5313 fin 2017, soit une reprise de 68% en six ans !

2/ Alors comment investir en Bourse pour profiter de son rebond ?

C’est tout le débat entre la gestion passive, ou indicielle, qui consiste à suivre les indices boursiers, et la gestion active. Pour simplifier le débat il peut se résumer en une question : vaut-il mieux investir dans tous les titres d’un marché pour ne rater aucune opportunité, ou en choisir un seul ou quelques uns dont on est persuadé qu’ils seront meilleurs que la moyenne ?

La meilleure façon de profiter du dynamisme des indices boursiers est de miser sur des placements qui suivent précisément ces indices, c’est le principe de la gestion indicielle, inventée par l’économiste américain Burton Malkiel, et exposé dans son livre « A random walk down Wall Street », réédité dix fois et vendu à 1,5 million d’exemplaires depuis sa parution en 1973 (disponible en français aux éditions Valor, sous le titre « Une marche au hasard à travers la Bourse »).

« La gestion indicielle consiste à répliquer le plus fidèlement possible les performances d’un indice boursier représentatif des actions ou des obligations disponibles sur un marché donné. Cette stratégie permet d’avoir une bonne diversification et de ne manquer aucune opportunité, expliquait Burton Malkiel, lors de nos rencontres. Il y a toujours un pays, ou un secteur, qui a une meilleure performance que les autres. En suivant l’indice le plus large possible, vous êtes sûr d’en profiter. Par exemple, quand les valeurs de technologies ont de bons résultats, vous les avez dans votre portefeuille. Et quand c’est au tour des groupes pétroliers ou industriels de prendre le relais, pas de problème, vous les avez aussi. »

L’avantage des fonds indiciels est qu’ils prennent environ quatre fois moins de frais que les fonds gérés de façon active. Sur les fonds indiciels cotés en Bourse ou ETF (exchange traded funds en anglais), encore appelés trackers (traqueurs en français), les frais de gestion sont autour de 0,3% en moyenne, avec des écarts entre 0,15% et 0,6%, contre 1,5 à 2,5% pour les fonds d’actions traditionnels.

3/ Quel est l’intérêt des fonds indiciels par rapport aux fonds gérés de façon plus active ?

Qu’est-ce que la gestion active par rapport à la gestion indicielle ? C’est le fait de confier de l’argent à un gérant qui va tenter de battre les indices boursiers en faisant des paris différents, par exemple en privilégiant certaines valeurs et en évitant certains secteurs. Certains y parviennent un an, deux ans,  parfois plus, mais malheureusement, cela ne fonctionne pas très bien sur le long terme.

« Sur dix ans, 67% des fonds d’investissement traditionnels en actions qui existent aux États-Unis ont une performance inférieure à celle de l’indice S&P 500 des 500 premières sociétés américaines. Et encore, cela ne prend pas en compte la performance des fonds qui ont été retirés du marché. Sur 355 fonds investis en actions qui existaient en 1970, 194 avaient disparu trente ans plus tard, soit plus d’un sur deux. Si l’on étudie les performances de ceux-ci avant leur fermeture, on observe qu’elles sont, en moyenne, inférieures de 2% à celles des fonds qui ont survécu », expliquait Burton Malkiel quand nous l’avions rencontré au début des années 2000. Cette tendance reste d’actualité. En tenant compte des fonds « disparus », à peine 5% des fonds d’investissement gérés activement ont rapporté plus que l’indice auquel ils se comparent sur quinze ans, selon une étude de la société Standard & Poor’s en 2017.

4/ Mais quels fonds indiciels choisir ? Et quels sont les risques en cas de baisse ?

Les fonds indiciels, comme les fonds trackers cotés en Bourse, ont les défauts de leurs qualité : ils suivent les indices boursiers, donc quand l’indice baisse, le fonds baisse. Il y a donc bien des risques de perte en cas de rechute des indices boursiers.

Ensuite, il y a autant de fonds indiciels qu’il existe d’indices boursiers différents, par exemple l’indice CAC 40 en France, l’indice Dax des actions allemandes, le Topix de la Bourse de Tokyo ou les indices Dow Jones et S&P 500 des actions américaines. Du coup, pour les épargnants ce n’est pas évident de s’y retrouver et de savoir quel fonds ou quel indice choisir.

S’ils veulent suivent la théorie de Burton Malkiel, investir sur les indices boursiers les plus larges permet de diversifier au mieux ses investissements pour ne passer à côté d’aucune opportunité, par exemple en misant sur des fonds qui suivent l’indice mondial MSCI World des pays développés et l’indice MSCI Emerging markets des pays émergents. Mais là non plus, ils ne sont pas à l’abri des risques de perte en cas de repli de la Bourse. La gestion indicielle permet de suivre les indices boursiers mais ne résout pas la question des choix d’investissements, qui sont le propre de la gestion active.

5/ Alors comment faire sa sélection de fonds indiciels ?

Pour les épargnants indécis, c’est bien le problème que l’on retrouve au cœur du débat entre la gestion indicielle, dite passive, et la gestion active, que les professionnels eux-mêmes ont du mal à trancher.

La gestion passive indicielle a bien des atouts, moins de frais et des performances statistiquement meilleures à long terme en phase de hausse des marchés, mais elle ne résout pas la question du choix, ni celle du risque, qui taraude les épargnants : comment limiter la casse en cas de baisse de la Bourse ?

Après plusieurs années de hausse boursière, comme à la fin des années 1990 ou actuellement, la gestion indicielle passive attire de plus en plus d’investisseurs car elle procure statistiquement de meilleurs résultats que la plupart des fonds qui tentent de battre les indices boursiers.

Aux Etats-Unis, les fonds indiciels en actions ont ainsi engrangé 500 milliards de dollars de souscriptions au premier semestre 2017.

Mais dans les phases de baisse de la Bourse, la gestion indicielle est par nature une calamité puisqu’elle promet aux épargnants de subir les mêmes pertes que les indices boursiers.

Dans ce registre, les krachs à répétition en 2002 et 2008 ont mis les nerfs des épargnants à l’épreuve, et causé des dégâts terribles à ceux qui n’avaient fait qu’acheter au plus haut pour revendre avec des pertes abyssales au plus bas.

Beaucoup ont alors souhaité bénéficier des services d’un gérant qui pourrait les aider à éviter ou atténuer ces tempêtes boursières en réduisant l’exposition de leurs économies en période de baisse des indices boursiers. En réponse à ce besoin, on a vu se créer de nombreux fonds dits « patrimoniaux »,  des fonds « réactifs » et autres fonds « flexibles » dont l’objectif de gestion est de faire varier la part d’investissements en actions pour profiter des hausses en atténuant les pertes en période de baisse de la Bourse. Certains parviennent plus ou moins bien à engranger une partie des hausses en évitant les pires baisses, mais ce n’est pas garanti. Les plus mauvais ou les moins chanceux peuvent aussi rater les hausses et subir les baisses.

On en revient au problème de départ, les placements indiciels sont peut-être ce qu’il y a de mieux quand la Bourse monte mais on aimerait bien en sortir avant qu’elle baisse. Pour cette raison, il y aura toujours un besoin de conseil et une demande des épargnants pour que des gérants les aident à gérer plus activement leurs placements.

Retrouvez ici l’interview vidéo de Deontofi.com sur BFM Business TV le 16/01/2018.

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