Je partage la gestion de mon propre portefeuille avec les abonnés du Club Déontofi Bourse

Depuis trois ans, je publie sur Deontofi.com le journal de bord de mon portefeuille boursier et de mes investissements en actions, dans une rubrique confidentielle réservée à un club restreint d’abonnés. Cet article en est un exemple ouvert à tous.

Avec la baisse des taux d’intérêt, la plupart des placements sans risque ne permettent plus de faire fructifier ses économies. Si certains d’entre eux restent à privilégier pour conserver ses réserves de sécurité, comme le Livret A ou l’assurance-vie en euros, il est de plus en plus nécessaire de diversifier son patrimoine dans des placements plus dynamiques, inévitablement plus risqués, pour faire prospérer le fruit de son travail.

Comment diversifier son patrimoine et faire fructifier ses économies ?

Aujourd’hui, les possibilités de diversifications semblent quasiment infinies. Mais les placements sérieux sont plus rares. Quelles sont les alternatives ?

Immobilier, Bourse ou tout le reste ?

En gros, les épargnants ont trois voies : l’immobilier, la Bourse, et le reste.

La pierre fait toujours rêver

Côté immobilier, les propositions abondent : depuis l’achat de son logement jusqu’aux organismes de placements collectifs en immobilier (OPCI) en passant par les SCPI, l’investissement locatif neuf ou ancien, en direct ou par divers systèmes d’intermédiation (délégation de gestion, loueur en meublé non professionnel LMNP, etc.).

Tout le reste : biens divers, PME, énergies renouvelables, etc.

Concernant la multitude d’opportunités d’investissement proposées aux épargnants, c’est à vos risques et périls. Qu’il s’agisse de placements en biens divers (or et métaux, art, vin, cryptos, diamants…) ou d’autres types d’investissements « bloqués » comme de nombreux placements en actions de PME non cotées, ou cotées sur des marchés non réglementés comme Euronext Growth (ex-Alternext) et Euronext Access (ex-Marché Libre), sans parler du champ de mine du financement participatif (crowdfunding), ne comptez pas sur Deontofi.com pour vous les recommander.

On a testé quelques-uns de ces placements « alternatifs » (FCPI, Alternext…), du pas terrible au catastrophique, et reçu d’innombrables témoignages d’épargnants déçus ou carrément volés par d’autres ! Sans parler des mille et une arnaques ou escroqueries à l’épargne sur Internet, que Deontofi.com dénonce avec vigueur et constance depuis sa création en 2011.

Les actions, placement privilégié pour les retraites

La Bourse est la grande affaire d’investissement dans le financement de l’économie productive, comme disent les néo-politiciens. Acheter des actions d’entreprises cotées en Bourse est incontestablement une contribution au financement de l’économie (hors trading haute fréquence), même si ce n’est pas la seule (le Livret A et l’assurance-vie en euros financent aussi l’économie, contrairement à que racontent certains néo-politiciens).

Mais pour quelle rentabilité avec quels risques et quels frais ?

Bien que l’investissement en actions ne soit pas sans risque, tous les gérants d’institutions financières s’accordent pour dire qu’il s’agit du meilleur compromis entre disponibilité et rentabilité, notamment pour faire fructifier un patrimoine à long terme en vue de la retraite. C’est la raison pour laquelle les placements en actions sont privilégiés par les gérants de caisses de retraite, qu’il s’agisse des fonds de pension américains (Calpers), néerlandais (ABP), scandinaves (AP) ou même des régimes de retraite français.

Les actions privilégiées pour financer les retraites

Si le Fonds de Réserve pour les Retraites (FRR) place 44% de ses 16 milliards d’euros d’actifs performants en actions, et le régime Agirc-Arrco un tiers de ses 60 milliards d’euros de réserves, ce n’est pas seulement pour leurs perspectives de plus-values à long terme. Au-delà de leurs fluctuations erratiques et dégringolades à répétition, les actions procurent des revenus solides : les dividendes. Ces revenus progressent de 3 à 6% par an, en moyenne, ce qui permet aux investisseurs de maintenir le pouvoir d’achat de leurs revenus financiers, sans même devoir vendre pour concrétiser leurs plus-values.

Pourquoi gérer soi-même ses actions ?

Après une vague de développement de l’actionnariat « populaire », au gré des privatisations de 1987 à 2005, le nombre d’actionnaires individuels a été divisé par deux en quinze ans, retombant de plus de 7 millions d’actionnaires en 2003 à moins de 3 millions en 2016, avant de remonter légèrement à la faveur de l’embellie boursière des dernières années.

Beaucoup d’épargnants ont été déçus et se sont détourné de l’investissement en actions en direct, souvent pour plein de bonnes et de moins bonnes raisons.

Déboussolés par trois krachs en dix ans

Premièrement ils ont connu trois krachs, en 2002-2003, 2008-2009, et 2010-2011. Avec les krachs on perd quand ça baisse si on vend au plus bas, sans profiter de la reprise observée ensuite. Beaucoup d’actionnaires « débutants » ont perdu de l’argent dans ces périodes par manque d’expérience, en faisant des erreurs qu’ils auraient pu éviter avec un peu plus de connaissances et de méthode.

Déçus par des dirigeants malhonnêtes

Deuxièmement, les comportements de certaines entreprises et de leurs dirigeants ont aussi contribué à dégoûter légitimement beaucoup d’épargnants d’investir en actions. La communication financière relevant souvent de petites ou grandes tromperies promotionnelles, les actionnaires individuels, trop confiants ou naïfs, ne comprennent pas et n’acceptent pas qu’on puisse leur mentir à ce point, sur les perspectives ou la réalité même des comptes présentés aux investisseurs. Les exemples abondent, notamment ceux exposés par Deontofi.com et surtout par notre partenaire Minoritaires.com, le site de référence en gouvernance, qui décortique les tricheries d’entreprises cotées en Bourse et de leurs dirigeants.

La gouvernance des sociétés cotées en Bourse ne s’est pas vraiment améliorée depuis vingt ans, loin de là, malgré tout le baratin dominant pour nous faire croire à leur « éthique socialement responsable ». Mais on peut tout de même éviter d’en être constamment victime, en prenant un peu moins la « commFi » (communication financière) et les portraits dithyrambiques de PDG (dans les grands médias) pour des vérités absolues.

Orientés vers des placements collectifs

Troisièmement, face aux contraintes réglementaires et à la difficulté d’accompagner les actionnaires individuels, les grands réseaux bancaires préfèrent inciter leurs clients à souscrire des placements collectifs. D’abord cela occasionne moins de réclamations. Il est vrai que les privatisations avaient créé des situations abusives, les banques étant payées par l’Etat pour placer les actions privatisées auprès de leurs clients, avant d’être parfois sanctionnées pour défaut de conseil ou vente forcée, quand elles avaient collé des actions de n’importe quelle société à n’importe quels clients ayant un peu d’épargne, sans se soucier de leurs profils de risque, ni parfois même de leur consentement.

Plus chers pas forcément meilleurs

Ensuite, il est légitime pour les banques et autres intermédiaires de vendre des fonds collectifs aux épargnants, en leur expliquant que la Bourse est trop compliquée et qu’il vaut mieux confier son argent à des professionnels les yeux rivés sur les marchés 365 jours par an. Ce serait moins risqué et mieux diversifié.

C’est vrai pour les épargnants n’ayant qu’une poignée de sociétés peu diversifiées dans leur portefeuille, mais ce n’est pas prouvé pour ceux ayant une gestion précautionneuse et très diversifiée, avec peu de mouvements et peu de frais.

Enfin, convertir les actionnaires individuels en clients de gestion collective, c’est tout bénef ! Même si les frais de courtage et droits de garde sont élevés dans les grands réseaux, les frais de gestion et autres commissions de la gestion collective sont encore plus rentables pour les banques. Pas forcément pour les clients.

L’opportunité manquée de la Bourse en ligne

Alors qu’on plaçait beaucoup d’espoirs il y a vingt ans dans le développement d’internet ayant permis l’émergence des courtiers en ligne à frais discount d’une part, et la mondialisation des marchés d’autre part, la grande majorité des épargnants en a finalement peu profité. Pourtant, il est possible et rentable aujourd’hui de gérer soi-même son épargne en actions, en tout cas plus rentable qu’avec la moyenne des fonds d’investissements, surtout grâce aux courtiers en ligne, à condition d’exploiter leurs atouts à bon escient.

Peut-on gérer ses actions soi-même ?

Vous l’avez compris, les professionnels de la finance encouragent rarement les épargnants à gérer eux-mêmes leurs investissements en actions. Sous prétexte que ce serait trop compliqué, trop risqué, ou pas assez diversifié. Même les courtiers en ligne ne sont pas toujours d’une honnêteté limpide sur ce point. L’un d’eux indique ainsi aux clients ayant des portefeuilles très diversifiés qu’ils auraient « trop de lignes », alors que les gérants de fonds d’investissement ont généralement la critique inverse : les particuliers n’auraient pas assez de lignes pour bien diversifier leur portefeuille.

En réalité, on peut avoir un portefeuille de plusieurs dizaines de titres différents très mal diversifiés, s’ils relèvent toutes du même secteur ou du même pays. Alors qu’on peut avoir un portefeuille très diversifié avec une seule ligne, par exemple si l’on achète des actions d’un fonds indiciel tracker suivant l’indice mondial des 1650 principales valeurs cotées sur les cinq continents et dans tous les secteurs économiques.

Moins de choix d’actions que de fonds

Un autre argument contre l’actionnariat individuel serait lié à la difficulté de choisir et suivre un investissement dans une société. D’un autre côté, vous trouverez aussi des professionnels pour vous expliquer qu’il est très compliqué de choisir un fonds d’investissements. Et ils ont raison. Il existe beaucoup plus de fonds d’investissements que de sociétés cotées. Chaque fonds est à la fois un portefeuille différent (même si beaucoup se ressemblent), avec des  niveaux de frais différents. Même si chaque fonds individuellement peut effectivement simplifier la gestion d’un portefeuille par rapport à des investissements en direct, choisir des fonds ajoute une couche de complexité dans les choix, par rapport au seul choix des actions.

Choisir ses actions n’est pas plus compliqué que de choisir des fonds, c’est même plutôt plus simple. Je n’ai rien contre les gérants de fonds, au contraire, beaucoup sont passionnés et intéressants. Mais en tant que consommateur, je trouve les services de gestion pour compte de tiers globalement bien trop chers par rapport aux services rendus.

Risques de marché et risques psychologiques

Le plus risqué, en Bourse, n’est pas tellement d’investir dans une entreprise mal gérée ou malchanceuse, dont le cours s’écroule un beau jour quand on découvre que ses comptes étaient faux ou gonflés (nombreux exemples…) ou que les dirigeants ne travaillaient pas tant pour les actionnaires que pour eux-mêmes (encore plus d’exemples…). Bien sûr, ces cas existent et continueront d’exister, mais ils sont heureusement compensés par la prospérité des belles sociétés dont l’activité, les profits, les dividendes et la valorisation progressent à long terme. A long terme, les moutons noirs et mauvais élèves sont écartés des grands indices boursiers, tandis que ces derniers continuent à prospérer et à distribuer des dividendes.

Le principal risque en Bourse est d’acheter trop cher et de revendre à perte. Cela arrive surtout aux épargnants influencés par la médiatisation des grands mouvements de foule. Quand on leur vante les perspectives miraculeuses de titres ou de marchés qui flambent depuis quelques temps, certains sont tentés de prendre le train en marche, ou de courir derrière, c’est-à-dire d’acheter précisément parce que « ça a monté ». Mais quand on leur prédit la grande crise, après une baisse de 20% comme en décembre dernier, beaucoup cèdent à la panique.

Ma méthode de gestion

La Bourse est naturellement déjà assez risquée, mieux vaut ne pas en rajouter avec des pratiques spéculatives. C’est en résumé la philosophie d’investissement que je me suis construite depuis mes premiers investissements en 1987 (il y a plus de trente ans), comme je l’explique dans la présentation de l’abonnement Déontofi Club Bourse

Allocation stratégique et tactique

La décision la plus importante pour éviter les déceptions boursières est de déterminer son allocation stratégique de façon cohérente avec sa situation et ses objectifs. L’allocation stratégique, c’est la répartition de son patrimoine entre les grands types de placements qu’on estime tenable et pertinente à long terme. C’est-à-dire qu’on n’en change pas tous les mois en fonction des hausses et baisses des indices, ou du moral.

On retrouve ce principe d’allocation stratégiques dans les règlements financiers de grandes institutions comme les caisses de retraite.

Autour de l’allocation stratégique, qui doit suivre un parcours de paquebot sans à-coups, l’allocation tactique a vocation à adapter sa vision stratégique aux évolutions conjoncturelles et contraintes ponctuelles. Par exemple on peut avoir un objectif stratégique de placer 50% de son patrimoine en actions, mais réduire ou augmenter cette proportion de plus ou moins 10% au gré des cycles, par précaution ou pour profiter d’opportunités.

L’allocation d’actifs est l’indicateur principal que je surveille dans le suivi de mon patrimoine, avant même ma performance financière individuelle patrimoniale.

Suivre son allocation d’actifs est la décision de gestion la plus importante

J’insiste sur les termes de performance financière individuelle patrimoniale, car il ne s’agit pas d’une performance financière « abstraite » comme celle consistant à comparer la performance d’un investissement par rapport à un indice boursier de référence. En effet, aucun individu n’a jamais la même performance que l’indice auquel il se compare, une fois qu’il prend en compte la temporalité de ses flux d’investissements. Deux actionnaires d’une même société, ou deux souscripteurs d’un même fonds, ont des performances différentes l’un et l’autre, et différentes de celle des placements concernés « dans l’absolu ». Leur performance dépend des montants placés et des dates de chaque achat ou vente.

De même, comparer l’évolution d’un patrimoine diversifié à un indice composite n’a guère plus de sens. La plupart des indices boursiers sont constitués avec un souci de refléter aussi fidèlement possible la diversité économique cotée en Bourse. Mais aucun indice composite ne peut être considéré comme une référence universelle à laquelle chacun pourrait comparer son patrimoine. En outre, pour que la comparaison soit pertinente, il faudrait faire abstraction des flux, alors que ce sont des données indissociables de la vie de ce patrimoine et de son propriétaire. Dès lors, la performance d’un patrimoine incluant ses flux n’est pas une performance « financière » absolue, mais bien une performance « financière individuelle patrimoniale » qu’il n’y a guère de sens à comparer à un indice quelconque.

Diversification et progressivité

Comme aux échecs quand on n’est pas d’excellents joueurs, celui qui gagne n’est bien souvent que celui qui a fait le moins d’erreur. Ce n’est déjà pas si mal. J’applique ce principe à la gestion de mon patrimoine. Des erreurs, ou disons de mauvais investissements, j’en ai fait et j’en ferai probablement encore, même si j’essaye naturellement de les éviter. C’est agaçant, quand on a le sentiment de s’être fait rouler par des sociétés trompeuses, mais ce n’est pas grave tant que ça ne porte pas trop à conséquence et que cela ne met pas en péril vos projets. Pour cela, il suffit de se fixer des limites et des contrôles. Quel pourcentage maximum de votre patrimoine êtes-vous prêt à perdre si une société s’écroule ou fait faillite, comme General Motors, Dexia ou Alcatel-Nokia ? Personnellement je me suis fixé une limite autour de 2%, mais la plupart de mes investissements ne dépassent pas 1% de mon patrimoine. Et encore, j’effectue des achats fractionnés.

Les tarifs des courtiers permettent aujourd’hui de passer des ordres de quelques centaines d’euros avec des frais d’achat ou de vente inférieurs à 0,5% ou 1% (plus impôt de Bourse de 0,3% sur les valeurs françaises).

Quand j’initie ou quand je solde une position, je ne le fais presque jamais d’un seul coup, partant du principe qu’on a souvent des opportunités d’acheter moins cher et de vendre plus cher. Je veille également à diversifier entre les pays et les secteurs, y compris au sein de mon Plan d’épargne en actions (PEA), grâce notamment à certains fonds trackers éligibles au PEA qui suivent des indices boursiers de tous les pays du monde.

La progressivité s’applique aussi à l’allocation d’actifs. L’allocation tactique peut ainsi corriger la déformation de l’allocation stratégique en raison de l’évolution des cours.

Par exemple si l’on a 50% d’actions et qu’elles montent de 20%, la part d’actions peut monter à 60% du patrimoine, si les autres composantes n’ont pas changé. A l’inverse, dans un scénario de baisse de 20%, celui qui avait 50% en actions pourrait voir leur part se réduire à 40% de son patrimoine. Si l’on veut éviter ces à-coups, il faut rééquilibrer plus progressivement sa répartition, en vendant un peu quand ça monte, et en achetant un peu quand ça baisse. On y gagne généralement plus qu’en faisant l’inverse.

Multiplier les opportunités, diminuer les risques de casse

 « En matière d’investissement, vous gagnez ce pour quoi que vous ne payez pas », expliquait encore récemment John Bogle, fondateur du géant américain de la gestion indicielle Vanguard, décédé le 16 janvier dernier à 89 ans. Avec son compère Burton Malkiel, le théoricien de la gestion indicielle aujourd’hui âgé de 86 ans, ils ont popularisé cette méthode de gestion consistant à suivre les indices boursiers plutôt que d’essayer de les battre.

Ma philosophie n’est pas très différente de la leur, même si je ne prône pas la gestion indicielle absolue. A en croire les experts en gestion « active » qui tentent de battre les indices boursiers, plus on a un portefeuille diversifié, moins on a de chances de battre les indices. A l’inverse, avec un portefeuille très diversifié, on a de fortes chances de ne pas battre l’indice, mais aussi peu de risques de s’en éloigner. Ce choix d’une grande diversification permet de limiter la casse et d’augmenter les opportunités. Mais cela n’oblige pas à investir dans des sociétés ou secteurs présents dans les indices que l’on peut avoir envie d’éviter par convictions personnelles ou culturelles.

Peu de mouvements, beaucoup de précautions

Pour reprendre l’enseignement de John Bogle, les frais et coûts de gestion sont autant de performance perdue pour les investisseurs qui les payent. Si l’on croit aux théories d’efficience financière, réduire les frais c’est augmenter les gains d’autant. J’y crois. En tout cas j’observe que mes économies de frais et coûts de gestion ne doivent pas être étrangères à ma performance financière individuelle patrimoniale.

Côté coûts, gérer ses actions soi-même coûte beaucoup, beaucoup moins cher que d’investir dans des fonds collectifs. Surtout si on fait peu de transactions. C’est mon cas. Selon les années je dois acheter ou vendre pour 5 à 20% de mon portefeuille environ, rarement plus. Les gesticulations des gérants qui achètent et vendent en permanence coûtent cher à leurs clients. Beaucoup ont un taux de « rotation » de leur portefeuille allant jusqu’à 100% ou plus, c’est-à-dire qu’au cours d’une année ils vendent et ils achètent des montants de titres équivalents aux montants qu’ils gèrent.

Eviter de réagir à chaud

Au fil des décennies j’ai remarqué qu’on réagissait souvent mal à chaud. Qu’on veuille acheter absolument un titre, et on s’étonne de le voir moins cher quelques jours ou semaines plus tard. Qu’on veuille vendre à tout prix pour profiter d’un pic ou éviter une plus forte chute, et voilà qu’on aurait pu attendre un peu pour vendre dans de meilleures conditions. La Bourse est facétieuse, imprévisible. Alors plutôt que d’acheter ou vendre « à chaud », la plupart de mes transactions (peut-être 90%) résultent d’ordres placés très en avance, à des cours totalement « en dehors du marché » (« out of the money » comme disent les pros dans le jargon des marchés), c’est-à-dire 10 à 20% au-dessus des cours récents pour des ordres de vente et 10 à 20% en-dessous pour des ordres d’achat. On n’a alors aucune garantie que les ordres soient exécutés. Mais avec un peu de patience, on fait aussi de meilleures affaires qu’en se précipitant sur des coups de tête qu’on regrette parfois.

Pas de turf boursier

La plupart des lettres confidentielles et autres publications spécialisées destinées aux boursicoteurs axent leur marketing sur la promesse de bons coups, en annonçant des scores fabuleux et en mettant en avant leurs recommandations de titres ayant pu enrichir leurs lecteurs. Ce que je raconte dans le journal de bord de mon portefeuille est tout le contraire.

Contrairement aux publications boursières, je n’effectue aucune recommandation de titres, et ne me vante d’aucune performance. Je ne prétends pas deviner quelles actions monteront le plus dans les semaines ou mois qui viennent. Ce que j’appelle le « turfisme boursier » ne m’intéresse pas car je n’y crois pas. Je préfère ma méthode de collectionneur : acheter des titres de sociétés rentables pour leurs actionnaires, en diversifiant cette collection dans les secteurs économiques et les régions du monde les plus diverses. En récolter les fruits tranquillement (les dividendes), et ne pas oublier d’en vendre quand la Bourse monte plusieurs années de suite, pour mettre une partie des gains à l’abri dans l’attente d’opportunités de réinvestissement quand la Bourse baisse.

Surtout, contrairement aux publications boursières, que je connais bien pour avoir travaillé dans certaines et avoir des amis et confrères dans d’autres, la principale différence est que je raconte exactement ce que je fais de mon propre argent. Il ne s’agit pas de portefeuilles théoriques ou fictifs mais de mes propres comptes. C’est la vraie vie d’un investisseur réel, disons plutôt averti.

Alors à quoi ça sert ?

Beaucoup d’épargnants disent vouloir s’intéresser à la Bourse mais trouver cela trop compliqué, ne pas savoir par où commencer. Il est vrai qu’il faut s’habituer à l’investissement boursier pour y être à l’aise. Savoir passer ses ordres d’achat et de vente, répondre aux opérations sur titres, choisir ou non l’option de réinvestissement des dividendes en actions, participer aux augmentations de capital ou vendre ses droits de souscription quand c’est possible, etc.

Dans le journal de bord de mon portefeuille, je réponds à toutes les questions qu’on peut se poser sur les événements auxquels on est confronté dans la vie des titres que l’on possède.

Je détaille mes réflexions sur les ajustements de mon allocation d’actifs en fonction de la conjoncture boursière, économique et politique.

J’explique le choix des titres dans lesquels j’investis.

J’annonce à l’avance les ordres d’achat et de vente que je passe, avec leurs « cours limite », à la hausse pour vendre, et à la baisse pour acheter.

Je décris le suivi des ordres quand ils sont exécutés, en commentant les gains ou pertes selon les situations.

Un club confidentiel restreint

Le journal de bord de mon portefeuille n’a pas vocation à être accessible à la terre entière. Des lecteurs m’encouragent néanmoins à l’ouvrir davantage pour en faire profiter un plus large public qu’actuellement. Dans cet esprit j’ai décidé de relancer cet abonnement avec un nouveau tarif en baisse de 26%, à 612 euros par an (TTC), soit l’équivalent de 51 euros par mois, en le rebaptisant Club Déontofi Bourse (en remplacement de l’abonnement Déontofi Bourse Expert, précédemment proposé à 828 euros par an).

Ce tarif peut sembler élevé, même après sa réduction de 26%, mais il doit tenir compte de deux impératifs. Premièrement, si j’accepte de partager la vie de mon portefeuille avec un petit cercle d’abonnés, il s’agit tout de même d’informations personnelles assez confidentielles. Je ne connais pas d’autres journalistes partageant la réalité de leurs investissements de façon aussi transparente avec leurs lecteurs, et de surcroît avec assez d’anticipation pour permettre à ceux qui le souhaitent de s’en inspirer ou de les imiter.

Deuxièmement, je souhaite rester en capacité de dialoguer personnellement avec chaque lecteur abonné de cette rubrique sur ses problématiques personnelles d’investissement. Cela requiert une certaine disponibilité aussi coûteuse en ressources par rapport à mes autres activités de journaliste professionnel.

A titre exceptionnel, j’ai souhaité ouvrir cet article à tous les lecteurs pour que ceux potentiellement intéressés par ce service puissent mieux comprendre en quoi consistent les articles qui y sont publiés. En prime, je consacre un second article de cette rubrique, partiellement ouvert à tous, au commentaire d’une partie du bilan de mes opérations des dernières années.

Pour en savoir plus : consultez et souscrivez ici votre abonnement :

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Lire la suite: Les 60 titres que j’ai vendus (Bilan des ventes du Club Déontofi Bourse) GRATUIT ! Cet article réservé aux abonnés du Club Déontofi Bourse est exceptionnellement ouvert gratuitement aux lecteurs préalablement enregistré à notre abonnement gratuit Déonto Freemium.

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