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La seconde partie du rapport annuel 2012 de Tracfin (p.52 à 130) est consacrée aux relations de Tracfin avec les professionnels soumis à une obligation de vigilance dans l’exercice de leur activité. Vous y lirez des statistiques sur les déclarations de soupçons par type d’activité, avec et des fiches pratiques pour différents types de professionnels, rappelant les risques auxquels ils sont exposés en matière de blanchiment, leurs obligations réglementaires de vigilance et déclaration de soupçons, ainsi que des observations et conseils pour améliorer leur contribution à la lutte anti-blanchiment.

– La fiche n°5 (p.63 du PDF) est ainsi consacrée aux professionnels des marchés financiers. Tracfin s’y inquiète de leur situation face aux risques de blanchiment : « Ces professionnels sont les entreprises d’investissement, les conseillers en investissement financier et les sociétés de gestion de portefeuille. Sources de financement et d’investissement, les marchés financiers sont susceptibles de constituer un vecteur privilégié de blanchiment de capitaux. En effet, la diversité des produits et des modes de négociation, la vitesse des transactions, leur nombre, leur montant rendent ce secteur potentiellement vulnérable. », soulignant plus loin que leur « participation au dispositif de lutte anti-blanchiment apparaît comme faible au regard de l’activité économique de ces professionnels. »

Tracfin « est, par ailleurs, amené à conduire des enquêtes de plus en plus nombreuses sur des escroqueries montées autour de produits financiers proposés en général par le biais de sites internet, avec des taux de rentabilité prétendument exceptionnels. Simples abus de confiance ou véritables pyramides de Ponzi, ces montages témoignent de la grande crédulité des particuliers dans une période de crise financière où la confiance dans les établissements bancaires traditionnels a pu s’émousser. Ils interrogent aussi sur la vigilance des conseillers en investissement financier sollicités comme intermédiaires et plus largement sur le contrôle d’une profession très souvent pratiquée par de « faux conseillers »

– On pense notamment au phénoménal attrape-nigauds (de plusieurs millions d’euros) monté par un expert en mystification vendant des pseudo-placements en autographes antiques et autres vieux papiers de collection, à la rentabilité parfaitement illusoire.

– Les commentaires de Tracfin ont été salués par une réaction du président de l’association de conseillers en investissements financiers, La Compagnie des CGPI, Jean-Pierre Rondeau. En résumé selon lui : OUI, les conseillers en gestion de patrimoine sont effectivement sollicités par les pires escrocs pour soutirer de l’argent à leurs clients contre de belles commissions. NON, les conseillers honnêtes et compétents n’entrent pas dans ces combines et connaissent assez bien leurs clients pour identifier les risques de blanchiments liés à leurs activités. Lire sa réaction.

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