Mots-clés de l'article : Sicav et fonds (FCP etc.), frais de gestion
Comment sont contrôlés les sociétés d'investissement à capital variable (Sicav) et autres fonds communs de placements (FCP) ? (photo © GPouzin)

Comment sont contrôlés les sociétés d’investissement à capital variable (Sicav) et autres fonds communs de placements (FCP) ? Peut-on vraiment vérifier le total des frais prélevés su l’épargne ? (photo © GPouzin)

Les Sicav, fonds communs de placements et autres fonds d’investissements peuvent être des solutions pratiques pour gérer ses placements, mais ils comportent aussi des frais. Quel est le poids de ces frais ? Comment les vérifier et les comparer ? Quel est leur impact pour les épargnants ? Peut-on en payer moins ? Les réponses et explications de Deontofi.com avec l’interview de Gilles Pouzin dans l’émission TV Ecorama, présentée par David Jacquot sur Boursorama.

Cinq minutes pour comprendre :
Retrouvez ici l’interview TV sur ce thème dans l’émission Ecorama du 21/09/2015

1/ Pour commencer, quel est l’intérêt des fonds d’investissements pour les épargnants s’ils commencent par payer plus de frais ?

C’est une bonne question, car les frais sont souvent assez élevés sur les fonds d’investissements, mais pas sur tous. Et surtout, selon les montants gérés, les frais peuvent être moins élevés qu’en achetant directement des titres, par exemple pour des montants de quelques centaines d’euros.

L’avantage des fonds d’investissements est qu’ils permettent à beaucoup d’épargnants d’accéder à des placements qu’ils ne pourraient pas gérer directement eux-mêmes, soit parce qu’ils sont cotés sur des marchés inaccessibles, soit parce que les montants seraient trop élevés. Les Sicav et fonds d’investissement, permettent d’avoir accès à des portefeuilles collectifs très importants avec une faible mise de fonds, en bénéficiant d’une gestion professionnelle diversifiée et réactive. Mais ce service a un coût qui peut aussi pénaliser la rentabilité des placements, si les frais sont trop élevés par rapport à la performance de la gestion.

2/ Alors quels sont ces frais justement ? Et combien coûtent-ils aux épargnants ?

Il y a différents types de frais qu’il faut prendre en compte, qui s’ajoutent parfois et dont le poids varie généralement selon les types d’actifs dans lesquels investissent les fonds. Il faut d’abord vérifier les frais de gestion, qui sont prélevés chaque année sur l’épargne. Ces frais sont généralement inférieurs à 0,3% pour les Sicav monétaires et autres fonds de trésorerie sans risque. Ils sont souvent un peu plus élevés, de l’ordre de 0,5 à 1%, pour les fonds investis en obligations, et encore plus élevés sur les fonds en actions et diversifiés, qui peuvent se voir prélever 1,5 à 2,5% en frais par an.

3/ Y a-t-il d’autres frais à regarder en dehors de ces frais de gestion ? Et comment les connaître ?

Oui, il y a d’autres frais. D’abord, certains fonds prélèvent des droits d’entrée, c’est-à-dire des commissions sur chaque nouvelle souscription, qui peuvent atteindre jusqu’à 5% sur certains fonds. Ces frais sont de plus en plus rares et sont souvent négociables. Vu que la plupart des courtiers en ligne permettent d’investir dans quasiment tous les fonds sans droits d’entrée, il est assez facile de les éviter. Même si votre banque ne veut pas les supprimer, il suffit de passer par un courtier en ligne pour ne pas payer ces frais d’entrée.

Ensuite, il y a d’autres frais qui pénalisent la rentabilité à l’intérieur des fonds, ce sont les frais de courtage et de mouvement prélevés sur l’argent des épargnants à chaque fois que les gérants font des transactions, en plus des frais de gestion annuels. Pour connaître le détail de ces frais il faut consulter la notice ou le prospectus du fonds, ou son résumé appelé KIID, pour Key Investor Information Document, c’est-à-dire le document contenant les informations clé pour les investisseurs, que les banques et intermédiaires doivent obligatoirement remettre aux épargnants avant toute souscription.

4/ Frais sur versements, frais de gestion, frais de mouvement, ça commence à faire une addition de frais qu’il faut effectivement surveiller. C’est tout ? Il n’y en a pas d’autres ?

C’est à peu près tout pour les fonds et Sicav, même s’il faut aussi faire attention aux frais de gestion variables liés à la performance, car leurs formules de calcul sont parfois assez défavorables aux épargnants. En revanche, ce n’est pas tout pour les épargnants, car d’autres frais peuvent s’ajouter selon le cadre dans lequel ils souscrivent ces fonds. Par exemple sur un compte titres ou un Plan d’épargne en actions (PEA), les banques à réseaux prélèvent souvent des frais supplémentaires, notamment si l’on souscrit des fonds gérés par un établissement concurrent. Il y a surtout des frais de gestion annuels qui s’ajoutent quand on achète des Sicav et fonds sous forme d’unités de compte (UC) dans un contrat d’assurance vie multisupports. Il faut alors compter le plus souvent entre 0,6 et 1% de frais par an qui s’ajoutent aux frais de gestion, et frais de mouvements des Sicav elles-mêmes. Il faut même parfois ajouter des frais sur versements dans les contrats d’assurance, mais qui sont négociables comme les frais d’entrée dans les fonds, et assez facile à éviter, notamment grâce aux contrats vie des courtiers en ligne sans frais sur versements.

5/ Si on récapitule tous ce frais, jusqu’à combien peuvent-ils se monter, par exemple pour des fonds diversifiés en actions ?

Quand on ajoute tous les frais sur certains fonds en actions souscrits dans le cadre de contrats d’assurance vie multisupports, on peut facilement avoir autour de 5% de son épargne grignotée chaque année par es frais, et parfois plus, ce qui pénalise d’autant leur rentabilité pour les épargnants. Bien sûr, les frais peuvent être justifiés par les performances quand elles sont à la hauteur, mais c’est loin d’être toujours le cas. Du coup, il est important de bien étudier les frais des fonds qu’on envisage d’acheter, par rapport à leur historique de résultats, et de les comparer entre eux pour faire jouer la concurrence.

6/ Mais est-ce qu’il y a des fonds moins chers en frais de gestion que d’autres ? Est-ce que c’est un critère d’investissement ?

Les frais sont évidemment un critère à prendre en compte pour évaluer l’intérêt d’un investissement, car indépendamment de ce que racontent les gérants ou distributeurs de fonds, beaucoup ont des caractéristiques de gestion et de performances assez comparables alors que leurs frais peuvent être du simple au double, ce qui peut faire une grosse différence au bout de quelques années. Et puis surtout, il y a les fonds trackers cotés en Bourse, les fameux exchange traded funds, ou ETF, qui suivent des indices boursiers avec des frais de gestion dans une fourchette d’environ 0,5% à 1%, soit trois à six fois moins de frais que les fonds classiques, et parfois même encore moins comme avec le fonds Lyxor CAC 40 qui prélève seulement 0,25% de frais de gestion, soit pratiquement dix fois moins que beaucoup de fonds d’actions françaises.

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