Tous les courtiers en ligne ne sont pas égaux face aux dures lois des marchés sur Internet. Deontofi.com vous informe sur les bonnes et moins bonnes surprises rencontrées chez ces intermédiaires par les épargnants préférant gérer eux-mêmes leurs économies plutôt que de les confier aux bons soins d’une banque.

Pour diversifier vos investissements en actions portugaises dans les pas de Vasco de Gama, choisissez un courtier en ligne donnant accès à la Bourse d'Euronext Lisbonne. (photo © GPouzin)

Pour diversifier vos investissements en actions portugaises dans les pas de Vasco de Gama, choisissez un courtier en ligne donnant accès à la Bourse d’Euronext Lisbonne. (photo © GPouzin)

Deontofi.com traite principalement des sujets liés à l’économie et la finance sous un angle de déontologie financière. Qu’il s’agisse d’informations liées à de grandes problématiques économiques (l’éthique des banques, les réglementations et l’impunité de leurs infractions…) ou de cas pratiques concrets (que faire en cas de fraude sur votre carte bancaire, vos droits quand un placement garanti ne l’est pas, les pièges du Forex et des placements bidon…), on ne s’interdit donc aucun sujet.

Pour gérer ses économies, les types d’investissements sont plus limités que ce que l’on pense. En dehors de l’immobilier, qui accapare toujours la plus grande partie de l’épargne nationale, les épargnants de l’Hexagone ont le choix entre cinq grandes familles de placements : les livrets et l’épargne réglementée (Livret A, LDD, PEL, etc.), l’assurance vie en euros sans risque, les actions et obligations cotées en Bourse, et les investissements alternatifs divers (capital risque, spéculations et collections, etc).

Beaucoup de gens investissent une partie de leur épargne en Bourse sans le savoir par le biais de placements collectifs (épargne salariale, placements d’assurance en « unités de compte » et autres Sicav et fonds d’investissements). Pour ceux qui prennent la peine de s’intéresser au sort de leurs économies, il est souvent plus intéressant de gérer soi-même cette partie d’investissements boursiers. Pour cela, il est absolument indispensable d’ouvrir un compte titres ou un « Plan d’épargne en actions » (PEA) chez un courtier en ligne, permettant de gérer la diversification de son patrimoine à moindre coût par rapport aux tarifs pratiqués par les banques.

Mais tous les courtiers ne se valent pas. Parmi les plus avantageux on retrouve généralement quelques grands noms de la Bourse en ligne, comme Fortuneo (filiale du Crédit mutuel de Bretagne Arkea) et Boursorama (filiale de la Société générale) ou des concurrents plus récents sur ce marché comme la banque ING Direct et le courtier Binck.fr, deux spécialistes des services financiers « low cost » venus des Pays-Bas. Ces quatre courtiers, comme d’autres d’ailleurs que l’on aurait pu citer, offrent de réels avantages concurrentiels pour gérer soi-même ses économies à moindre frais par rapport aux services des banques à réseaux d’agences, y compris lorsqu’elles proposent des services par internet.

Une récente anecdote rappelle néanmoins à quel point les services de ces intermédiaires sont inégaux face à la concurrence des marchés sur Internet. En théorie, le Plan d’épargne en actions (PEA) permet d’investir dans toutes les sociétés européennes en bénéficiant d’une fiscalité allégée (les gains ne sont soumis qu’aux prélèvements sociaux en cas de retrait après cinq ans). En pratique, il faut que ces sociétés soient cotées sur une bourse européenne (par exemple il est interdit d’acheter dans le PEA des titres de sociétés européennes cotées à New York). Et il faut, bien sûr, que le courtier en ligne choisi permette à ses clients d’accéder à ces marchés, ce qui n’est pas toujours le cas.

Que se passe-t-il par exemple si vous voulez investir dans une société portugaise cotée sur le marché d’Euronext Lisbonne. Si vous passez par Boursorama, aucun problème, cette société portugaise réputée est bien accessible par l’intermédiaire de la filiale de la Société générale, et étiquetée « éligible au PEA », même avec l’abonnement de base « Boursorama 0% » (celui sans aucun frais fixe tant que vous ne faites pas de transaction). Encore moins cher avec le courtier Binck.fr, où vous aurez accès à tous les marchés d’Euronext aux mêmes conditions. Vous pourrez donc investir dans cette société portugaise cotée à Lisbonne avec des frais réduits à 2,50€ pour une transaction inférieure à 1000€ ou 5€ pour un achat ou une vente d’un montant de 1000 à 5000€, avec leur tarif « Classique », c’est-à-dire le même tarif que pour investir dans une entreprise française cotée à la Bourse d’Euronext Paris.

Mais attention, car toutes les Bourses d’Euronext ne sont pas sur la même longueur d’ondes ! Euronext, c’est l’entreprise qui a remplacé la Société des Bourses Françaises (SBF), après la chute de son monopole sur la cotation des valeurs boursières. Dans un grand élan européen, la Bourse de Paris s’est alliée avec celles de Bruxelles et d’Amsterdam, puis avec celle de Lisbonne, pour créer une entreprise de cotation, elle-même cotée en Bourse, tellement en pointe qu’elle s’est faite racheter par le géant New York Stock Exchange de Wall Street, avant d’être revendue, dépecée et finalement ré-introduite en Bourse au printemps 2014.

Pour revenir aux actions portugaises cotées sur la Bourse Euronext de Lisbonne, elles ne sont pas accessibles chez tous les courtiers proposant l’accès à la plupart des marchés d’Euronext. C’est le cas chez ING Direct, sans grande surprise car cette banque est plus connue pour son Livret Orange et son compte courant sans frais que pour ses services boursiers. En revanche, il est plus décevant d’apprendre que les clients du courtier Fortuneo n’ont pas accès aux valeurs portugaises cotées à Lisbonne. Dommage, alors que Fortuneo était à une époque parmi les plus pointus et compétitifs pour les épargnants en quête de diversification internationale de leurs économies. Pour diversifier leurs investissements en valeurs européennes, les clients de Fortuneo pourront se consoler avec un accès à presque tous les marchés européens (Londres, Francfort, Milan, Madrid…) mais pas Lisbonne. Autre anecdote signalée par les clients de courtiers en ligne, la Bourse d’Oslo où sont cotées les actions norvégiennes (éligibles au PEA), n’est pas non plus accessible chez le courtier Fortuneo, pas plus que la Bourse d’Helsinki en Finlande, où sont pourtant cotées des valeurs moyennes prometteuses comme Fiskars, théoriquement éligibles au PEA-PME même si la polémique sur ce point n’est pas tranchée.

Bien sûr, ce n’est pas le seul critère pour choisir un courtier en ligne, mais c’est tout de même utile pour les épargnants qui souhaitent gérer et diversifier leur PEA avec des actions en direct. Nous reviendrons sur ces sujets plus en détail au gré des réactions et questions de nos lecteurs.

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4 commentaires

  1. IN FINE PATRIMOINE, le

    Bonjour
    Je cite une phrase de votre article : »pour ceux qui prennent la peine de s’intéresser au sort de leurs économies »
    Votre article est intéressant mais quelque peu réducteur. S’occuper vraiment de ses placements nécessite de la connaissance économique et financière et beaucoup de temps. Et votre exemple de l’investisseur « standard »qui veut investir sur la bourse de Lisbonne est très rare. Pour autant , pourquoi priver cet investisseur d’une allocation « monde »qui corresponde à son profil de risque et lui permette d’une part de diversifier géographiquement son placement tout en cherchant une rentabilité relative??

    Il est fort dommageable encore en 2015 d’associer assurance vie avec fonds en euro sans risque .de perte en capital et il est encore plus dommageable si certains clients de certains établissements n’ont pas compris ou entendus les explications de leur conseillers bancaires au vu des obligations d’information de ces derniers!
    Les placements collectifs ou plutôt les UC (unités de compte) de certains contrats d’assurance vie , PEA, capitalisation permettent de bénéficier de l’expertise de gérants spécialisés sur des secteurs géographiques, d’activités, de sous-jacents (actions , obligations , matières premières etc). Cette expertise offre une option de rentabilité évidente mais celle ci a comme tout service un coût (frais de gestion) auxquels peuvent s’ajouter des honoraires s’il s’agit de conseillers financiers travaillant sous une forme libérale. La gestion individuelle « pas chère » de certains sites d’apprentis « trader en ligne » a certainement couté très cher à certains investisseurs inexpérimentés!

    Sinon bravo pour votre blog
    Cordialement

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    • Gilles Pouzin, le

      Bonjour cher lecteur et merci pour ce riche commentaire.
      Vous abordez de nombreux points qui pourraient faire l’objet de débats et d’articles intéressants comme j’en ai fait pendant 15 ans en tant que rédacteur en chef d’un magazine de finances personnelles, et comme nous prévoyons d’en publier sur Deontofi.com dans une prochaine version plus enrichie de ce site, pour l’instant principalement axé sur les enjeux de déontologie financière.
      En marge de ces enjeux, je reviendrai donc sur les enjeux de gestion de patrimoine que vous évoquez.
      Faut-il gérer ou faire gérer ? Avec quel type d’actifs dans quel cadre de détention ? Vaut-il mieux acheter soi-même ses actions ou investir dans une assurance vie qui investit dans un fonds profilé qui investit dans des fonds spécifiques qui investissent eux-mêmes en actions ? Faut-il privilégier la gestion active ou passive ? Indicielle ou non ? En suivant quels indices ? Comment comparer les avantages fiscaux d’une enveloppe comme l’assurance vie par rapport à ses coûts spécifiques ?
      Je partage votre analyse sur le fait que toutes ces questions n’appellent pas des réponses simples. Et que les mêmes choix au regard de ces enjeux peuvent s’avérer appropriés pour certains épargnants et catastrophiques pour d’autres.
      J’aurai plaisir à lire vos commentaires sur ces sujet quand nous pourrons les développer sur Deontofi.com, ce qui n’était pas l’objet de cet article consacré à un point très particulier de la gestion en directe, comme vous l’avez remarqué avec pertinence.
      Merci pour votre lecture et à bientôt sur Deontofi.com

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  2. Gilles Pouzin, le

    Fortuneo n’est pas toujours au top. Comme partout, le personnel est remplacé par des robots qui prennent les appels téléphoniques sans proposer de choix correspondant au service demandé, même quand le courtier indique d’appeler ce numéro, par exemple pour participer à une opération sur titres.
    Contrairement à bien d’autres courtiers, la plupart des opérations sur titres ne permettent pas d’y répondre sur le site de Fortuneo (réponse à une OPA, réinvestissement de dividendes en titres, souscription à une augmentation de capital). Les explications du courtier ne satisfont pas ses clients sur ce point : 56% ne trouvent pas cette réponse utile.
    Le courtier vous demande d’envoyer une confirmation signée et scannée. De fait, cette fonctionnalité est déficiente. L’interface permettant théoriquement de joindre le fichier scanné en PDF de votre ordre signé indique ce matin que « le format du fichier n’est pas accepté » !
    Les informations données aux clients sont par ailleurs mensongères. Il est ainsi indiqué que l’on peut donner ses instructions concernant les opérations sur titres « par téléphone au 0 811 135 135 (Prix d’un appel local depuis un poste fixe) », alors que cet « audiotel » n’est pas gratuit, mais facturé en plus du coût de l’appel local.
    Résultat, Fortuneo est très mal noté pour le traitement des réponses aux opérations sur titres (OST).

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