L’affaire est entendue, la résolution de SOS Principes Afer évoquant un financement politique occulte n’a pas diffamé l’Afer, juge le tribunal correctionnel. La sagesse commanderait d’en rester là. Mais quand l’Afer perd, elle persévère. Comme dans ses procès contre la satire de La Lettre de l’Assurance, les poursuites de l’Afer contre la résolution de SOS Principes Afer semblent vouées à l’échec. Gérard Békerman est bien placé pour le savoir, mais ses procès ne sont pas perdus pour tout le monde. (Retrouvez ici toute La saga de l’Afer au prisme de la déontologie financière)

Pierre-Marie Guillon, ex-journaliste et ancien président de l'Afer, poursuivi en diffamation par Michèle Saint-Marc, administratrice de l'Afer proche de Gérard Békerman, a été reconnu innocent par un jugement du 10 mars 2015. Son accusatrice réclame sa condamnation civile en appel. (photo © GPouzin)

Pierre-Marie Guillon, ex-journaliste et ancien président de l’Afer, poursuivi en diffamation par Michèle Saint-Marc, administratrice de l’Afer proche de Gérard Békerman, a été innocenté par un jugement du 10 mars 2015. Déboutée, son accusatrice réclame malgré tout sa putative condamnation civile en appel. (photo © GPouzin)

En tant que chargé de cours de droit honoraire à l’université d’Assas, le président de l’Afer est bien placé pour connaître les recoins du droit et les subtilités de la justice. En juriste avisé, il devrait savoir qu’il n’a pour ainsi dire aucune chance d’obtenir la condamnation sur le plan civil des innocents lavés de ses accusations par un tribunal pénal, comme Deontofi l’écrivait déjà l’an dernier. Pourtant, le président de l’Afer a fait appel de ce jugement.

Pourquoi les dirigeants de l’Afer s’entêtent-ils dans des procès qui leur font une si mauvaise publicité ? Bonne question. Car le journaliste Jacques de Baudus, de La Lette de l’Assurance, et les militants de l’association SOS Principes Afer, François Nocaudie et Bertrand Gaumé, ne sont pas les seules victimes de l’acharnement judiciaire de l’Afer.

C’est aussi le cas de Jean-Pierre Bégon-Lours, ex-président du GIE Afer aujourd’hui proche du collectif Dans l’intérêt des adhérents de l’Afer, poursuivi en diffamation pour avoir raillé dans la presse les dérives de l’Afer, de façon un peu trop sarcastique pour son président. L’audience de plaidoirie de cette affaire est attendue pour la fin de l’année 2015.

Dans le même registre, c’est encore le cas de Pierre-Marie Guillon, ancien journaliste financier qui devint le premier président de l’Afer après son fondateur, Gérard Athias, quand ce dernier fut contraint de démissionner après la condamnation pénale de ses magouilles contre les épargnants.

A l’époque, Gérard Athias avait poursuivi Pierre-Marie Guillon en diffamation pour décrédibiliser les révélations de son livre sur « Une ténébreuse Afer, ou comment l’épargne est colonisée », publié en 2004. « Huit jours avant l’audience, Gérard Athias et André Le Saux avaient retiré leur plainte, se souvient Pierre-Marie Guillon, mais cela leur avait permis de raconter n’importe quoi pendant près d’un an, pour discréditer les informations gênantes de mon livre. » Une pratique banale chez les fripouilles.

Aujourd’hui c’est Madame Michèle Saint-Marc, administratrice de l’Afer, qui accuse Pierre-Marie Guillon d’un délit de diffamation assez fumeux. Il s’était indigné, de façon un peu goguenarde, de la façon dont cette proche de Gérard Békerman (ils ont cosigné un Que sais-je sur l’écu en 1993 !) avait présenté sa candidature au conseil d’administration de l’Afer en 2013, en oubliant de rappeler qu’elle n’avait pas fait grand chose pour défendre les adhérents de l’Afer grugés par les malversations des fondateurs, alors qu’elle en était vice-présidente de 1997 à 2000, en pleine période de découverte de ce scandale.

Là encore, on se demande quel est l’intérêt à s’entêter dans ce procès sans issue. Dans son jugement du 10 mars 2015, le Tribunal de Police de Colombes a jugé Pierre-Marie Guillon innocent de tous les faits de diffamation qui lui étaient reprochés, en condamnant Michèle Saint-Marc à verser 1500 euros d’indemnités à son bouc émissaire pour le dédommager de ses frais de justice. Comme son président, cette vigoureuse octogénaire a fait appel du rejet de sa demande civile, qui n’a pourtant guère de chance d’aboutir au détriment d’un innocent accusé. Verdict le 2 juillet.

Quoi qu’il en soit, il vaut mieux avoir du temps et de l’argent à perdre en frais d’avocats pour oser critiquer les pratiques douteuses des dirigeants de l’Afer. Du côté des initiateurs de ces procédures, l’équation est bien différente. Car les procès perdus de l’Afer ne sont pas perdus pour tout le monde. De leur côté, les dirigeants de l’Afer peuvent lancer des procès en rafale pour décrédibiliser leurs détracteurs en instrumentalisant la justice, sans qu’ils leur coûtent un centime, puisqu’ils sont généralement pris en charge par l’Afer elle-même. Qu’importe leur coût. Du coup, les avocats de l’Afer se frottent les mains.

Un de leurs principaux bénéficiaires est le cabinet d’avocat Pardo Sichel & Associés, qui représente les intérêts de l’Afer et de ses dirigeants dans ces quatre feuilletons judiciaires (contre Jacques de Baudus, François Nocaudie, Pierre-Marie Guillon et Jean-Pierre Bégon-Lours), parmi d’autres missions lucratives que peut lui confier ce bon client.

Or, le hasard faisant bien les choses, on apprenait par un article dans La Lettre A du 11 juin 2015, sur « Les chères affaires de l’Afer », que ce cabinet d’avocats comptait parmi ses prestigieux collaborateurs Maître Céline Békerman, fille de Gérard Békerman, dirigeant de ce merveilleux client qu’est l’Afer. Vous avez dit déontologie financière ?

(Retrouvez ici toute La saga de l’Afer au prisme de la déontologie financière)

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