Depuis que le château de carte des pseudo-placements en lettres et manuscrits s’écroule sur Aristophil, son principal promoteur, l’explosion médiatique de ce scandale nourrit la polémique entre ses incorrigibles partisans et les défenseurs des épargnants. Deontofi.com revient sur la fertilité de ce débat d’opinion, trop longtemps étouffé par le magnat des parchemins lui-même.

Aristophil et le musée des lettres et manuscrits, vitrine de promotion prestigieuse pour des pseudo-placements sans aucune garantie de rendement ni assurance de récupérer son argent. (photo © GPouzin)

Aristophil et le musée des lettres et manuscrits, vitrine de promotion prestigieuse pour des pseudo-placements sans aucune garantie de rendement ni assurance de récupérer son argent. (photo © GPouzin)

Alors que la fièvre des lettres et manuscrits semblait proche de son apogée, ses fondations se craquelaient depuis longtemps. Entouré d’un silence pesant, sa vérité n’a pourtant éclaté au grand jour qu’à partir de l’automne 2014. L’enquête de la justice française sur le système Aristophil a d’abord fait l’objet d’articles sporadiques en octobre, pour lesquels il faut remercier, une fois encore… Charlie.

Charlie Hebdo, l’hebdomadaire satirique devenu symbole mondial de la liberté d’expression, après JeSuisCharlieWorldle massacre de sa rédaction (le 7 janvier 2015), a aussi été le premier à informer le public de cette « enquête préliminaire sur le chef d’escroquerie pour vérifier les activités d’Aristophil », dès le 15 octobre 2014.

Dans Charlie Hebdo (n°1165 du 15/10/2014, page 7), notre confrère Laurent Léger explique clairement l’ambiguïté entretenue autour du pseudo-placement en lettres et manuscrits d’Aristophil, qui n’a « rien à voir avec un produit financier » et n’offre « aucune garantie de rendement inscrite noir sur blanc » [ni d’aucune autre couleur bien sûr, ndlr]. Que l’auteur, miraculé de la conférence de rédaction sanglante à laquelle il participait, accueille l’honneur de ses confrères pour ce scoop de Charlie Hebdo, journal à lire plus souvent.

Charlie Hebdo, avant de devenir le symbole mondial de la liberté d'expression, a été le premier à révéler l'enquête judiciaire en cours sur Aristophil et ses pseudo-placements en lettres et manuscrits.

Charlie Hebdo, avant de devenir le symbole mondial de la liberté d’expression, a été le premier à révéler l’enquête judiciaire en cours sur Aristophil et ses pseudo-placements en lettres et manuscrits.

Charlie Hebdo n’étant pas publié sur Internet, et trop peu diffusé à l’époque, la nouvelle a été relayée trois jours plus tard auprès du grand public par Erwan Seznec, journaliste de l’UFC Que Choisir, qui a consacré un court article aux infos de Charlie Hebdo, intitulé « Questions autour de l’enquête préliminaire pour escroquerie », le 18/10/2014, puis la rumeur a vite enflé pour se muer en déferlante médiatique.

Inutile d’allonger la liste. Maintenant il suffit de « googler » Aristophil pour trouver pléthore d’information à son sujet sur Internet, notamment sur la faillite des intermédiaires de cette affaire (comme les cabinets Art Courtage et Finestim), ou sur la ruine des épargnants ayant englouti leurs économies dans ces pseudo-placements en lettres et manuscrits.

Avant le scoop de Charlie Hebdo, il était bien difficile de trouver des informations pertinentes sur les pseudo-placements d’Aristophil, et vous comprendrez pourquoi au prochain épisode.

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Pendant longtemps, il était difficile de trouver des informations pertinentes sur les pseudo-placements en lettres et manuscrits. (photo © GPouzin)

Comme à chaque fois qu’un scandale éclate, les commentaires du public accompagnant ces articles sur Internet pointent le rôle des médias par lesquels ils ont appris la nouvelle. Cette fois-ci, ils se partagent en deux camps. D’un côté, la voix des épargnants, inquiets de découvrir trop tard ce que d’autres semblaient savoir depuis longtemps. De l’autre, les partisans d’Aristophil, reconnaissants de sa « générosité » (notamment comme intermédiaires commissionnés ou ambassadeurs choyés), qui dénoncent le rôle des « journaleux puants » dans la chute de leur idole. Une vieille rengaine souvent entendue quand un scandale éclate : c’est la faute de ceux qui l’ont révélé et pas des protagonistes au cœur du scandale. C’est le monde à l’envers, mais plus c’est gros, plus ça passe ! Et en politique comme dans les affaires, on n’est pas Charlie tous les jours…

En résumé, «les médias ont informé le public trop tard du risque des lettres et manuscrits d’Aristophil» regrettent les uns, tandis que pour les autres «les médias critiquent injustement le rôle d’Aristophil pour la promotion des lettres et manuscrits». Faudrait savoir ! Au-delà du contraste, ces questions révèlent pourtant un débat d’opinion intéressant sur deux facettes bien distinctes du système Aristophil.

Plusieurs articles étant nécessaires pour répondre à ces questions, Deontofi.com consacre un feuilleton à la bulle des lettres et manuscrits en plusieurs épisodes qui traiteront distinctement les différents aspects de cette incroyable carambouille.

Toute la saga Aristophil sur Deontofi.com

4 minutes pour comprendre :
Voir l’interview vidéo de Deontofi.com sur Boursorama dans l’émission Écorama du 2/2/2015.

Nos articles sur les pseudo-placements en biens divers en général, dont les lettres et manuscrits :

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7 commentaires

  1. Duperray, le

    Merci pour votre dernière communication. Certaines associations récemment constituées optent effectivement pour une démarche de  » revendication de propriété ».L ‘argument est que la déclaration de créance est impropre dans la mesure où cela reviendrait à reconnaître le statut de propriétaires de la société Aristophil. Dans ce cas l’insolvabilité éventuelle de la dite société mettrait un terme à la réclamation. En conséquence il vaudrait mieux , selon ces associations, ne pas faire de déclaration de créance et faire une revendication de propriété Je comprends l’argument, mais les deux démarches créance et revendication de propriété sont-elles mutuellement exclusives ? et n »y a t-il pas un risque à renoncer à la déclaration de créance ?

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    • Gilles Pouzin, le

      Bonjour cher lecteur et merci pour votre question.
      N’étant pas un professionnel du droit des faillites (juste amateur 🙂 je ne peux résoudre le débat d’expert que vous évoquez, sur les mérites respectifs et incompatibilités éventuelles des procédures de « déclaration de créance » (délai 2 mois) et « revendication de propriété » (délai 3 mois).
      Au gré d’un entretien que j’ai eu avec Me Nicolas Lecoq Vallon (pour l’article La liquidation kafkaïenne des lettres et manuscrits d’Aristophil), ce dernier indiquait clairement vouloir effectuer ces deux démarches pour ses clients (en plus des procédures contre les banques impliquées: Les banques mises en cause dans le scandale Aristophil).
      Concernant les associations de victimes d’Aristophil, et les conseils qu’elles prodiguent, soyez très vigilants !
      L’idée d’unir ses forces pour faire valoir ses droits est aussi légitime que louable et nous soutenons la formation de telles associations.
      Il y a cependant deux écueils à surveiller :
      1/ Les victimes d’arnaques sont rarement des experts en droit ou en finance, et leur bonne volonté ne doit pas se confondre avec la compétence juridique appropriée pour conseiller leurs adhérents.
      2/ Dans le cas d’Aristophil, compte tenu des méthodes de son fondateur et de ses réseaux étendus et organisés, il faudra être extrêmement vigilant aux risques que des associations soient créées de toute pièce pour détourner les victimes et leur faire perdre leur temps en diversions, au profit de l’intéressé.
      Sans pouvoir vous garantir un « label d’honnêteté », vous pouvez signaler à Deontofi.com les noms de personnes impliquées dans ces multiples associations afin que nous tentions de vérifier si leurs réseaux ne sont pas trop mêlés aux ambassadeurs et courtisans d’Aristophil.

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  2. VENAT ALAIN ET BERNADETTE, le

    bonjour que doit on faire ?faut il envoye la creance ou alors attendre ?nous ne savons plus quoi faire .Nous avons vu un avocat ,je vais aller voir a la permanence de UFC QUE CHOISIR et ensuite faire marcher ma protection juridique.Il y en mare de ne pas savoir ce que l on doit faire ,a qui s adresser .Pendant ce temps nous ne pouvons pas recuperer notre argent qui nous ait du.

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  3. DUPERRAY, le

    En tant que particuliers isolés nous sommes pris entre des info multiples et parfois confuses, avec des avis tranchés qui prévoient un scénario catastrophe ou émettent des doutes sur la façon dont Aristophil a été fermé. Loin des réseaux éventuels qui se constituent, nous ne savons trop que faire une fois la créance déclarée. Mon assurance personnelle de protection juridique préfère attendre le déclenchement éventuel d’un procès. Est-il capital de contacter un avocat ou de porter plainte…ou vaut-il mieux encore attendre la suite ?

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    • Gilles Pouzin, le

      Bonjour cher lecteur et merci pour votre témoignage.
      Le raisonnement de votre assurance protection juridique est cohérent : elle indemnise ou prend en charge les frais liés aux contentieux.
      En l’occurrence, cette prudence d’assureur ne semble pas mettre en péril vos possibilités de recours en justice ultérieures, si vous avez pris vos précautions en faisant votre déclaration de créance. Comme vous l’aurez lu dans « La liquidation kafkaïenne des lettres et manuscrits d’Aristophil », vous aurez sans doute intérêt à effectuer en plus une « revendication » de vos « lettres et manuscrits ».
      Ensuite, à vous de voir quelle stratégie vous voulez adopter, selon leur potentiel et prise en charge ou non par votre assurance protection juridique.
      Bon courage et à bientôt sur Deontofi.com

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  4. besnier, le

    pour l’instant rien ! nous sommes vraiment dans le néant,que faut il croire ! aucune nouvelle de la part aristophil !j’essaie d’avoir des infos au jours le jours sur internet, mais je n’apprend pas plus de chose pour l’instant!

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