Rien ne va plus pour les souscripteurs du Complément de retraite mutualiste Corem ! Alors que l’Arcaf, association nationale des fonctionnaires épargnants pour la retraite, dévoilait il y a un an le trou du Corem, il en sous-estimait encore l’ampleur, au regard du gouffre que l’on découvre aujourd’hui. Deontofi.com commente la nouvelle alerte de l’Arcaf sur la débâcle de ce placement de retraite qui n’a pas fini de décevoir ses souscripteurs.

Que reste-t-il de vraiment garanti aux épargnants souscripteurs du Complément de retraite mutualiste (Corem) vendu par l'UMR ?  (photo © GPouzin)

Que reste-t-il de vraiment garanti aux épargnants souscripteurs du Complément de retraite mutualiste (Corem) vendu par l’UMR ? (photo © GPouzin)

« ALERTE AUX EPARGNANTS ! Le « trou » du COREM (ex CREF) s’élève à plus de 2,5 milliards d’euros… à l’insu et aux dépens des souscripteurs », annonçait il y a un an un communiqué de l’Arcaf du 19 juin 2014 sur « Le trou abyssal et caché de l’ex-Cref ». Fort de son expérience d’ancien magistrat à la Cour des Comptes, Guillaume Prache le président de l’Arcaf, par ailleurs ardent défenseur des épargnants dans le cadre de la fédération des usagers de services financiers (European Federation of Financial Services Users ou “EuroFinuse”) ou du collectif « dans l’intérêt des adhérents » de l’Afer, s’était plongé dans les comptes de l’UMR, qui gère les produits d’épargne retraite COREM et R1 (héritiers du régime CREF après sa chute en 2002) pour près de 400 000 épargnants. « L’ARCAF a calculé que le défaut de provisionnement s’élève en réalité non plus à 459 millions mais à 2,1 milliards d’euros ! Or le plan de restructuration de l’ex CREF prévoit la fin de cette dérogation en 2017 », écrivait-il à l’époque, en s’inquiétant des conséquences pour les 400 000 épargnants coincés dans le placement R1, héritier du Cref.

Quatre mois plus tard, les mauvaises nouvelles de l’UMR tombaient comme les feuilles en automne. L’institution mutualiste annonçait « une nouvelle réduction d’un tiers environ des rentes à verser » aux épargnants du régime R1 (ex-Cref), déjà pénalisés par une perte de pouvoir d’achat de 13% à fin 2013, selon les calculs de l’Arcaf. Mais surtout, la contagion frappait aussi « les adhérents du régime COREM toujours activement commercialisé », expliquait l’association dans un communiqué du 11 octobre 2014. Le préjudice pour ces épargnants du Corem consistait en un report du droit à rente à taux plein de deux années (de 60 à 62 ans). « En clair, ce tour de passepasse signifie une nouvelle amputation des droits des cotisants COREM auxquels on supprime deux années de rentes. Il s’agit donc bien là-aussi d’une diminution des rentes », décryptait Guillaume Prache.

Pour la seconde fois en quatre mois, l’Arcaf demandait à l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution -des problèmes-) de « mettre fin aux informations trompeuses du COREM à destination de ses souscripteurs » en s’inquiétant que « les violations des dispositions légales en matière d’information des épargnants continuent à prospérer, de même que le recrutement actif de nouveaux adhérents  ». Deontofi.com avait  commenté cet épisode de façon documentée à l’automne en rappelant la lente agonie  des compléments de retraite mutualistes non provisionnés (lire L’UMR ampute les rentes des retraités du Corem !)

Où en est ce naufrage aujourd’hui ? Huit mois plus tard, rien ne semble avoir bougé du côté des autorités censées protéger les épargnants, en veillant à la solvabilité des institutions financières, à leur respect des obligations d’informations sincères et non trompeuses. Mais selon la formule consacrée, « ce n’est pas parce que les autorités financières ne disent rien de ce qu’elles font, qu’elle ne font rien de ce qu’elles disent  ». En attendant, la situation a continué à se dégrader pour les anciens, actuels, nouveaux ou futurs souscripteurs du Corem.

Vers une nouvelle baisse des rentes du Corem

Dans un communiqué du 24 juin 2015, l’Arcaf alerte encore une fois les épargnants des risques de nouvelles baisses des rentes du Corem, en interpellant une troisième fois les pouvoirs publics sur leur responsabilité de laisser faire ce gérant de retraite mutualiste méprisant ses engagements à l’égard des souscripteurs.

Deontofi.com reproduit ci-dessous le communiqué de l’Arcaf du 24 juin 2015 sur la solvabilité insuffisante du Corem au regard de ses engagements et le risque de plus en plus probable de nouvelles déceptions pour les épargnants.

« Alerte COREM : vers une nouvelle baisse des rentes !

Comme nous le craignions, l’Autorité de contrôle du secteur de l’assurance, l’ACPR, vient de laisser entendre hier qu’une nouvelle baisse du point du régime COREM (plus de 300 000 adhérents épargnants pour la retraite) pourrait être nécessaire.

« Je veux rappeler que les montants annoncés lors de la souscription de ces contrats ne sont en aucun cas garantis. Il importe que la communication soit très claire sur ce point et sur les risques courus par les souscripteurs« , a souligné Robert Ophèle, sous-gouverneur de la Banque de France.

Et pour cause, comme l’avait révélé l’ARCAF il y a un an, le trou du COREM (la différence entre ce qu’il doit aux adhérents sous forme de rentes et ce qu’il a comme actifs en portefeuille) est toujours de près de 3 milliards d’euros, malgré les pénalisations des adhérents décidées en novembre dernier (baisse de 33 % des rentes « R1 » – celles des personnes les plus âgées, report de deux ans du service de la rente à taux plein, et baisse du rendement à partir de 2015).

L’Autorité de contrôle demande ainsi bien tardivement une information claire sur ce scandale ; alors que l’ARCAF lui demande depuis des années d’alerter les futurs adhérents sur le danger majeur d’adhérer à un régime qui leur a toujours caché son sous-provisionnement massif, ainsi que la quasi-absence de toute revalorisation des rentes servies et à servir, entraînant d’ores et déjà une perte massive de pouvoir d’achat des adhérents de 16% depuis 2002.

Suite aux nouvelles pénalisations de novembre dernier, des adhérents ont porté plainte au pénal contre le COREM.

Et encore aujourd’hui il faut regarder à la loupe le site du COREM et faire des calculs pour comprendre qu’il manque 2,9 milliards d’euros au régime pour faire face à ses engagements [1].

L’ARCAF demande de nouveau aux Pouvoirs publics de procéder à la fermeture du régime afin de protéger les épargnants, et aux responsables de cette catastrophe (les mutuelles derrière le COREM et l’Etat pour sa supervision défaillante) de le renflouer.

Notes

[1Une note tout en bas de page du site corem.com écrite en petits caractères et très technique (donc incompréhensible pour la grande majorité des épargnants) se termine en effet par cette formule : « En actualisant les engagements de retraite au taux règlementaire de 0,78%, ils sont couverts à hauteur de 68,9% (soit un niveau de couverture de 6,6 Mds € sur 9,5 Mds € d’engagements) . »

Share Button

6 commentaires

  1. HENRY, le

    Bonjour
    Suite à la lecture de quelques articles dont le vôtre je n’ai plus aucune confiance dans le Corem. Je souhaiterais récupérer l’argent investi ( environ 6000 euros) mais il semble selon cet organisme que cela soit impossible.
    Que me conseillez vous?
    Merci d’avance pour votre réponse.
    Cordialement.
    Jacques HENRY

    Répondre Signaler un abus
    • Gilles Pouzin, le

      Le Corem étant un produit de retraite il ne permet de récupérer l’argent versé que sous forme de rentes viagères à l’âge de la retraite.
      Si vous avez des craintes, parfaitement légitimes, sur sa capacité à tenir ses promesses de rentabilité, le plus simple est d’arrêter d’y cotiser, mais il semble difficile impossible de récupérer l’argent déjà versé dans la situation actuelle.
      Il en va autrement pour les victime du Cref ayant accepté (tacitement et contre leur plein gré) que leur rente Cref soit convertie en rente Corem. Pour eux, un recours est encore possible dans la cadre des actions en indemnisation en cours après la condamnation de l’Etat à rembourser une partie des pertes.

      Répondre Signaler un abus
  2. fekar martine, le

    a qui sadresser pour obtenir des aides je suis une victime du cref et corem je suis a la retraite le 1 avril 2017 et jesperais toucher mon corem pour ma retraite quel recours pour recuperer mes sous a l’aide

    Répondre Signaler un abus
  3. Bernard Curvalle, le

    Hi!
    Je fais partie des « heureux rentiers » de la COREM ex Mrifen ex CREF qui ont vu leurs pensions amputées d’un tiers.
    On n’est »gagnant » que si l’on vit assez longtemps pour récupérer au delà de sa mise augmentée de l’inflation depuis sa prise de retraite. Ils auraient du dire qu’ils étaient la Loterie Nationale avec comme gros lot l’élixir de longue vie.!
    J’ai fait partie du CDIS qui , à une epoque où l’action de groupe n’etait pas possible, essayait de ferrailler contre les mutualistes (sic) usurpateurs qui ne mutualisaient que l’argent finançaNt le PS.
    Ce long chari-vari judiciaire n’a réussi qu’à enrichir des cabinets d’avocats qui sévissent à nouveau auprès d’autres associations de tondus
    Personneńa essayé de relancer une action de groupe, maintenant que c’est possible
    Il est vrai que l’appartement de 300 m² de Teulade est payé depuis longtemps et que d’ailleurs il en est mort.
    L’ami de Chirac et de Hollande!
    Ce n’était pas la Loterie nationale, leur truc
    C’était un Loto corrézien!
    Et bravo pour vos papiers !

    Répondre Signaler un abus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *