Après la présentation du prix BNP Paribas de la philanthropie individuelle par la banque, un débat entre membres du jury sur l’efficacité philanthropique et son évaluation, et les coulisses du prix expliquées par sa présidente, l’heure est à la remise des prix aux lauréats 2013.

Vincent Lecomte et François Villeroy de Galhau, Shiv Nadar et sa fille, Chuck Slaughter et son épouse, Suzanne Berger et Sofia Merlo, à la remise du prix BNP 2013 de la philanthropie individuelle. (photo © GPouzin)

Vincent Lecomte et François Villeroy de Galhau, Shiv Nadar et sa fille, Chuck Slaughter et son épouse, Suzanne Berger et Sofia Merlo, à la remise du prix BNP 2013 de la philanthropie individuelle. (photo © GPouzin)

Cette année le prix spécial du jury, ou prix « coup de cœur » est décerné à Chuck Slaughter pour le projet Living Goods, un réseau micro-entrepreneurial de colporteurs de médicaments à domicile pour patients déshérités en Afrique. Cet homme d’affaires jovial, ayant fait fortune dans la vente à distance et la grande distribution, se présente avec autodérision comme ayant « une double dette motivant ce projet philanthropique. D’abord à cause de mon nom (slaughter signifie massacre en anglais), ensuite à cause de ma nationalité, venant d’un pays qui dépense deux fois plus que les autres pour la santé et obtient deux fois moins de résultats (les Etats-Unis un peu caricaturés) ».

« Je passe ma vie à créer des affaires de grande distribution, poursuit plus sérieusement Chuck Slaughter. Ma motivation était de trouver un modèle de distribution qui ait un impact sur le développement.

Chuck Slaughter, président de Living Goods. (photo © GPouzin)

Chuck Slaughter, président de Living Goods, exploite ses talents d’entrepreneur dans un projet philanthropique soutenu par le fondateur d’e-Bay. (photo © GPouzin)

Il est important de changer la philanthropie si l’on veut que les choses changent. Nous avons créé cette fondation avec des individus innovants, comme Pierre Omidyar fondateur d’e-Bay, Bill Draper, un des pionniers du capital risque dans la Sillicon Valley, ou les gérants de hedge funds Chris Ohn et Bill Ackman. Ces gens ne veulent pas faire de la philanthropie pour avoir leur nom sur des immeubles, ils veulent que 100% de leurs investissements soient dépensés sur des projets aux financements identifiés, ayant un impact évolutif pour le développement humain grâce à une nouvelle approche de la philanthropie. » Le prix coup de cœur est aussi un coup de pouce à ce projet Living Goods, avec une dotation de 50 000 € (nous nous sommes fait confirmer au passage que l’ensemble du prix est bien sponsorisé par BNP Paribas Wealth Management sur son budget propre, et pas sur celui de la Fondation BNP Paribas).

Enfin le grand prix 2013 de la philanthropie individuelle est décerné à Shiv Nadar, pour l’ensemble de ses fondations liées à l’éducation (Shiv Nadar Foundation, Shiv Nadar School, Shiv Nadar University, VidyaGyan, Shiksha…). Shiv Nadar explique d’abord la distinction qu’il fait entre philanthropie « corrective » et « créative », la première se concentrant sur des actions correctives pour réduire des dysfonctionnements de la société, tandis que la seconde cherche de nouvelles voies pour améliorer son fonctionnement. Il raconte ensuite comment il s’est impliqué dans la philanthropie, il y a 22 ans, quand Hewlett Packard a pris une part dans la société informatique qu’il avait créée avec des amis, HCL (Hindustan Computers Limited). HCL, dont il est encore patron à ce jour, revendique d’avoir développé le premier PC en Inde, dès 1978, en même temps que le Mac d’Apple, c’est dire son sens de l’innovation et de la créativité. Que faire après ? « Ma mère me disait que je ne parlais que de faire de l’argent, confie-t-il. Alors j’ai compris que je pouvais être motivé par une autre dimension de la réussite ».

La réussite de leurs projets témoigne de la capacité de ces hommes d’affaires ou personnes fortunées à mobiliser l’argent et l’énergie qu’ils savent exploiter avec succès dans la réussite de leurs propres affaires, au service d’une cause plus grande. Un thème cher à Deontofi.com, engagé à son échelle pour l’action philanthropique, car la déontologie financière n’est heureusement pas restreinte aux dysfonctionnements contestables, nous voulons aussi encourager des changements porteurs d’espoir.

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