Avec les beaux jours, c’est la saison des résidences secondaires. Un sujet dont les gens parlent facilement pour partager des expériences variées, à prendre en compte si l’on envisage d’acheter une résidence secondaire ou si l’on en est déjà propriétaire. Gilles Pouzin, journaliste fondateur du site Deontofi.com, revient sur les bonnes questions à se poser avant d’acheter ou de vendre une résidence secondaire, dans l’émission Ecorama animée par David Jacquot sur Boursorama.com.

Vaut-il mieux acheter une résidence secondaire dans un endroit qu'on aime, ou choisir d'autres solutions de logement pour ses vacances et week-ends ? La question mérite une vraie réflexion. (photo © GPouzin)

Vaut-il mieux acheter une résidence secondaire dans un endroit qu’on aime, ou choisir d’autres solutions de logement pour ses vacances et week-ends ? La question mérite une vraie réflexion. (photo © GPouzin)

Cinq minutes pour comprendre :
Retrouvez ici l’interview TV sur ce thème dans l’émission Ecorama du 15/06/2015.

1 – Alors est-ce vraiment la saison des résidences secondaires ? Pourquoi les gens en parlent-ils plus en ce moment que le reste de l’année ?

– Il y a effectivement un phénomène saisonnier avec les résidences secondaires, et même plusieurs en réalité. Car il y a d’abord l’effet saisonnier que l’on observe autour de soi en cette saison. Que ce soit au restaurant à la table d’à côté ou dans des conversations entre amis, les gens profitent du retour du soleil et des ponts de mai pour partir en week-end ou voyager. Et ils parlent davantage des endroits où ils aimeraient acheter une résidence secondaire, ou de celles qu’ils possèdent. Ensuite il y a d’autres effets saisonniers observés sur les conditions d’achat et de vente qui ne correspondent pas avec le printemps.

2 – Vous voulez dire que les gens parlent de résidences secondaires en ce moment alors que ce n’est pas la meilleure saison pour vendre ou acheter ?

– Exactement, c’est un des effets du décalage entre l’affectif et la réalité concernant les résidences secondaires. Au printemps et en été, on en profite. Mais le reste de l’année, la réalité est parfois moins réjouissante. Pour résumer, au printemps et en été, certaines personnes se disent « et si on achèterait quelque chose ici », tandis que d’autres qui possèdent une résidence secondaire se disent parfois « et si cette année on allait ailleurs ». Ce sont vraiment deux sentiments à prendre en compte pour savoir si l’on a intérêt à acheter une résidence secondaire ou à vendre celle qu’on possède.

3 – C’est-à-dire ? Quelles sont ces questions à se poser et les paramètres pour savoir s’il rentable ou non d’avoir une résidence secondaire.

– Hé bien justement, il faut commencer par se dire que ce n’est pas rentable, car une résidence secondaire, ça coûte cher à l’achat et surtout au maintient, que ce soit en entretien ou en coûts fixes de type abonnements, eau, électricité, assurance, taxes foncières et d’habitation ou autres. Évidemment, on peut comparer ces coûts à ceux d’autres formes de logement de villégiature, que ce soit les locations, les hôtels, les gîtes ou autres auberges. Mais les comparaisons deviennent vite complexes, car il faut aussi prendre en compte les coûts de transports et l’accessibilité pour profiter de sa résidence secondaire ou d’autres lieux de villégiature. Et il y a d’autres critères non financiers, comme l’aspect pratique d’arriver chez soi avec ses inconvénients, par rapport à d’autres aspects pratiques de pouvoir changer d’endroits et de logements selon les envies. Au bout du compte, le plus simple est de raisonner en terme de fréquence et de durée des séjours.

4 – Par exemple ? Pour quels types de séjours et de durée est-il intéressant d’avoir une résidence secondaire ?

– Les situations sont très variées, et donc on ne peut pas faire de généralités. Mais il y a toute une frange de population, en particulier en région parisienne ou dans les grandes zones urbaines, pour qui il est pratique d’acheter à un moment de leur vie une résidence secondaire. C’est le cas par exemple de beaucoup de familles qui veulent prendre l’air et faire profiter leurs enfants d’un coin de verdure tous les week-ends et une partie des vacances scolaires. Généralement ils en profitent le plus quand leurs enfants ont entre cinq et quinze ans, soit une dizaine d’années, ce qui justifie parfaitement l’achat d’une résidence secondaire.

5 – Et dans l’autre sens, à qui déconseilleriez-vous d’acheter une résidence secondaire ?

– Disons que compte tenu des coûts fixes et des tracas divers qu’on peut y ajouter, il ne semble pas très judicieux d’acheter une résidence secondaire si l’on n’y passe pas au moins cinq ou six semaines par an, et quelques week-ends en plus. En dessous de ces fréquences et durées, on s’aperçoit vite que l’on peut passer ses vacances dans des endroits bien plus variés, ou même sans changer d’endroit, pour beaucoup moins cher et avec bien moins de soucis qu’en étant propriétaire d’une résidence secondaire.

6 – Mais si on a déjà une résidence secondaire, même sans l’avoir achetée, par exemple après une succession, ou si l’on veut en acheter une, quels sont les bons moments pour vendre et pour acheter ?

–  Cela dépend encore une fois des situations, et il y a aussi différents paramètres à prendre en compte. Mais d’une façon générale, disons qu’une des clés pour bien acheter ou bien vendre consiste à se mettre à la place du vendeur si l’on est acheteur, ou de l’acheteur quand on est vendeur.

Cinq minutes pour comprendre :
Retrouvez ici l’interview TV sur ce thème dans l’émission Ecorama du 15/06/2015.

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3 commentaires

  1. Ada, le

    Partage d’une autre expérience
    J’ai acquis il y a deux ans une maison à 160km de Paris
    déjà un constat: il y a un énorme choix de biens à la campagne et on est les bienvenus auprès des agents immobiliers quel que soit le budget (cela change des agents parisiens)
    Nous avons acheté 80.000 euros et fait environ 25.000 euros de travaux d’aménagement
    Les coûts d’entretien sont bien moins élevés que ceux évoqués par l’autre lecteur, environ 2000 euros par an mais nous faisons l’essentiel nous mêmes sauf les gros travaux de jardinage
    Nous profitons vraiment de cette maison grâce à la proximité avec Paris et aussi au fait qu’elle n’est pas trop grande donc facile à entretenir. Nous sommes dans le profil évoqué dans l’article avec de jeunes enfants qui profitent ainsi de la campagne
    Il est certain que ce n’est pas un investissement ne serait-ce que parce qu’il est très long de revendre ce type de maison
    C’est un achat plaisir que nous ne regrettons pas
    un petit conseil: visitez en hiver vous êtes sûrs de ne trouver la maison que mieux à la belle saison

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  2. Marie, le

    Mon expérience d’acquisition d’une résidence secondaire à la campagne: je fais quelques ajouts suite à votre article puisque j’ai fait l’expérience d’acquérir il y a trois ans un bien après avoir cherché à en louer un à la campagne sans succès.

    Voici le contexte :
    Achat : environ 300 000 euros – grande maison de caractère – grand terrain
    Eloignement : 150 km de Paris
    Environnement : produit en très bon état/belle campagne
    Contexte : s’échapper régulièrement de Paris, prendre racine en région et lever le pied dans la perspective de la retraite dans 5 ans

    Feed back 3 ans après :

    Charges: au moins 1 000 euros par mois de charges, taxes et travaux d’entretien et ménage
    Gros budget chauffage pour en profiter confortablement +taxes foncières +taxes d’habitation

    Usage : conforme à ce qu’on envisageait. Nous n’avons plus envie d’aller ailleurs en vacances ( c’est un problème) et nous y passons en moyenne 1 week-end sur deux ainsi que les 2/3 de nos vacances. Enfants et amis viennent encore régulièrement mais de moins en moins.

    Avantages : ce qui est très appréciable et dont vous ne parlez pas dans l’article: pas besoin de prévoir et d’organiser son départ, on arrive les mains dans les poches – on craignait les bouchons mais non presque jamais puisque départ et retour après 21h30 – Vrai vrai repos à la campagne et activités physiques/ c’est un plus pour la santé et la qualité de vie.

    Inconvénients : coût très important, c’est presque un luxe. Environ 12 000 euros de charges par an + obligation de conserver un véhicule et un garage à Paris= 6000 euros par an. Notre épargne qui était placée ne nous rapporte plus : 6000 euros par an. Donc compter un coût d’environ 2000 euros par mois soit 24 000 euros par an.

    Conclusion : Il ne faut pas raisonner en terme de prix, car les charges sont très élevées pour un bien correct et un bon confort à l’arrivée, ou si on ne veut pas passer tout son week-end et ses vacances à bricoler et à jardiner. Il faut raisonner en termes de qualité de vie.
    Comparé à des vacances classiques, pour une famille de 4 personnes, c’est à peu près 4 semaines/an au Club Med où tout le monde se reposera.

    En revanche, si on veut voir à long terme, si on est en pré-retraite, si on prévoit une échappée de Paris au moment de la retraite ou pour un autre projet, c’est une bonne solution.

    Quelques conseils : privilégier un bien en bon état ou demander la remise en l’état avant l’achat (difficile de trouver des artisans) – ne faites pas baisser les prix sous prétexte qu’il y a des travaux, faites faire les travaux avant et exigez qu’ils soient bien faits – éviter les piscines et les jardins compliqués, privilégier les biens avec pelouses – acheter plutôt à quelqu’un pour qui c’était une résidence secondaire car tout est mieux prévu pour cela –

    Nous avons mis trois ans à trouver la maison que nous voulions, attendant que les prix baissent. Ce fut un véritable plaisir que de visiter les régions autour de Paris et leurs spécialités gastronomiques, de dormir dans des maisons d’hôte sympathiques et de choisir l’endroit qui nous plaisait. Nous avons pu apprécier la campagne l’hiver, comme l’été donc sans mauvaises surprises.

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