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Une interview TV de Deontofi.com sur Boursorama, en direct (12h-13h) et en replay, dans l’émission Écorama de David Jacquot. À la rubrique Parlons CA$H, Gilles Pouzin commente un article rédigé pour le quotidien Libération, sur les bonnes et mauvaises réputation pas toujours justifiées de différents placements. Tout d’horizon des placements.

Tous les placements n'ont pas la réputation qu'ils méritent. Certains son injustement délaissés, ou pas assez reconnus, quand d'autres bénéficient à tort d'une réputation sans rapport avec leurs risques et déceptions. (photo © GPouzin)

Tous les placements n’ont pas la réputation qu’ils méritent. Certains son injustement délaissés, ou pas assez reconnus, quand d’autres bénéficient à tort d’une réputation sans rapport avec leurs risques et déceptions. (photo © GPouzin)

– La crise a eu un double effet sur les placements financiers et la psychologie des épargnants. D’un côté, le rendement des placements sans risque est devenu ridicule à cause de la baisse des taux des banques centrales. De l’autre côté, les krachs boursiers de 2001, 2002, 2008 et 2011, ont rendu les épargnants très frileux vis-à-vis des placements dynamiques traditionnels comme les actions.

– Effectivement, la crise a changé la perception des épargnants. Or, tous les placements ne se valent pas mais leur réputation est souvent déconnectée de la réalité. Beaucoup sont injustement délaissés, ou au contraire attirent à tort, sans que leur réputation soit justifiée par leurs caractéristiques réelles : rentabilité, risques, frais et fiscalité. Prenons l’exemple du Livret A et du LDD. Avec un taux réduit à 1%, leur rendement paraît ridicule, expliquant les 6 milliards d’euros de retraits par les épargnants en 2014 (sur 365 milliards). Mais en réalité, ce sont presque les seuls placements sûrs et disponibles, totalement exonérés et sans aucun frais. Résultat, 10 000 euros placés pendant un an à 1% rapportent 100 euros.

– Ce n’est quand même pas terrible, et c’est plafonné.

– Oui mais ce qui est important est de le comparer avec d’autres placements qui ont parfois l’air plus intéressant alors qu’ils sont en réalité moins rentable en retirant les frais et taxes. Prenons le cas des livrets, par exemple. Certaines banques en ligne proposent des livrets à 1,5%. Mais une fois retirés les prélèvements sociaux et fiscaux (de respectivement 15,5% et 24%), 10 000 euros ne vous rapportent que 90 euros sur un an, soit 10% de moins que sur un Livret A.

– Et l’assurance vie ? Cela reste un bon placement quand même !

– Bien sûr, les fonds en euros des contrats d’assurance vie des banques rapportent davantage que le Livret A, autour de 2,5%. Mais il faut voir le résultat après les frais et taxes. Car en dehors des banques en ligne sans frais d’entrée, certains réseaux bancaires prélèvent des frais d’entrée de 1 à 3% sur leurs assurances vie, ce qui ampute fortement leur rendement, en plus des prélèvements sociaux de 15,5%, et sans compter les pénalités fiscales en cas de retrait avant huit ans.

– A l’inverse, d’autres placements jouissent d’une bonne réputation injustifiée au regard de leurs risques cachés et des déceptions qu’ils causent aux épargnants.

– Oui, et la liste est longue. Il y a d’abord tous ces placements « à formule », qui promettent par exemple un « Objectif 8% par an », en expliquant en petits caractères que vous perdrez votre argent si la Bourse recule de 30% ou plus en huit ans. C’est aussi le cas des PME innovantes, dans les fonds de placements à risque (FCPI) ou sur Alternext, dont les projets fabuleux appauvrissent plus souvent les épargnants qu’ils ne les enrichissent. On peut encore mentionner les mirages de la défiscalisation, ou d’improbables biens immobiliers soi-disant autofinancés, qui s’avèrent des gouffres de dettes, invendables et sans locataires.

– Et il y a des placements encore pire qui n’ont pas la réputation qu’ils méritent ?

– Absolument. Oen a déjà parlé, la palme des supercheries revient aux pseudo-placements en biens divers. Diamants, timbres, lettres et manuscrits, montres de luxe et bouteilles de vin, éoliennes ou panneaux solaires, containers, mobile homes ou villas au bout du monde font partie de ces placements « en biens divers », surtout synonymes de traquenards. Le problème est qu’ils font miroiter des espoirs de gains et de sécurité totalement illusoires, mais auxquels les gens croient. Selon un sondage Ifop de fin 2013, quatre Français sur dix considéraient que le vin, l’art ou la forêt étaient des placements relativement peu risqués (contre 10% pour les actions) et un Français sur trois considérait que placer dans le vin, l’art ou la forêt était une bonne façon de conserver ses économies (contre 20% pour les actions) ! Les déceptions sont malheureusement à la hauteur de ce malentendu, car aucune de ces élucubrations ne présente de garantie sérieuse. Le plus souvent, les épargnants ne revoient jamais leur argent.

Cinq minutes pour comprendre :
Retrouvez ici l’interview TV sur ce thème dans l’émission Ecorama du 24/04/2015.

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