Alors que l’enquête avance, les épargnants victimes d’Aristophil réalisent que leurs pseudo-placements en lettres et manuscrits sont bel et bien une chimère. Après des perquisitions et une mise en garde à vue avec ses complices présumés, le grand manitou Gérard Lhéritier est officiellement mis en examen depuis le jeudi 5 mars 2015, pour escroquerie en bande organisée, abus de confiance et blanchiment, entre autres. Ayant tout perdu dans ce fiasco, les épargnants gardent l’espoir de récupérer leur argent en justice.

Jusqu'à l'automne 2014, il était plus facile de trouver des flatteries promotionnelles que de vrais informations pertinentes et indépendantes sur les les caractéristiques des pseudo-placements en lettres et manuscrits d'Aristophil. (photo © GPouzin)

Aristophil en faillite, son PDG Gérard Lhéritier mis en examen pour escroquerie, comment espérer récupérer au moins une partie de l’argent envolé ? Sélectionnez les bonnes stratégies. (photo © GPouzin)

Avec un minimum de bon sens et d’expérience financière, on savait que les pseudo-placements en lettres et manuscrits ne valaient pas un clou, pas plus que n’importe quelle autre fadaise en biens divers, et que les épargnants ne reverraient sans doute jamais leur argent, malgré d’improbables promesses de rendement et de remboursement garanti.

Certes, l’illusion pouvait durer tant qu’il y avait assez de nouveaux versements pour rembourser les sortants, très minoritaires.

Selon des témoignages d’intermédiaires ayant distribué les produits d’Aristophil auprès des épargnants, ces derniers étaient tellement persuadés d’avoir fait une bonne affaire, à l’échéance de leur premier contrat, qu’ils étaient près de 80% à replacer leur argent dans de nouveaux paquets de lettres et manuscrits, se rachetant ainsi les précieuses bafouilles, à eux-mêmes, encore plus cher ! L’affaire était bien ficelée, mais vouée à s’écrouler à terme comme une chaîne de Ponzi à la Bernard Madoff.

La pugnacité de Gérard Lhéritier à pourchasser et menacer toute opinion, ou tentative de mise en garde des épargnants contre la supercherie des pseudo-placements en lettres et manuscrits d’Aristophil, était sa principale condition de survie.

Comme tout bon paranoïaque totalitaire, le magnat des manuscrits engageait même des détectives privés, pour enquêter sur les empêcheurs d’entuber en rond. Il s’était payé la filature du journaliste de Que Choisir, notre confrère Erwan Seznec, et s’attachait les services de privés versaillais du Cabinet Vincent, nous apprend Le Point (n°2218 du 12/03/2015 p.40).

Aujourd’hui, Lhéritier fait moins le malin. Placé en garde à vue par la brigade financière le 4 mars 2015, dans le cadre de l’enquête en cours autour d’Aristophil, le baron des manuscrits en est ressorti mis en examen pour pratiques commerciales trompeuses, escroquerie en bande organisée, blanchiment, abus de confiance, abus de biens sociaux, et présentation de comptes infidèles, cela va de soi. Quatre autres personnes étaient aussi visées par cette garde à vue pour répondre aux questions de la police, « sa fille, le juriste qui rédigeait les contrats avec les épargnants, un libraire-expert et l’expert » révèlent encore nos confrères du Point, Mélanie Delattre et Christophe Labbé.

Dans un dernier baroud d’honneur pour discréditer l’enquête dont il faisait l’objet, Lhéritier se drapait encore dans sa dignité pour déclarer, droit dans les yeux : « Ce n’est pas une arnaque », dans la « tribune-interview » de complaisance que lui avaient accordée ses amis de Nice Matin, en se gardant bien de signer leur article du 24 novembre 2014. Le gendarme boursier avait aussitôt recadré les contrevérités assenées par le marchand de vieux papiers dans le quotidien niçois proche de Bernard Tapie.

Depuis, Gérard Lhéritier s’abstient de poursuivre et menacer les journalistes relatant ses turpitudes et la vacuité de ses pseudo-placements. S’il a reçu nos confrères du Figaro, qui lui ont consacré un portrait chromo de dix pages, plein de belles images, dans Le Fig Mag du 20 février 2015, c’était surtout pour plaider son innocence (p.60) avec l’aide de son fidèle avocat, Maître Francis Triboulet, et d’un autre plaideur, Jean-Jacques Daigre, professeur de droit à la Sorbonne qui défend ses montages.

Quelle imposture ! L’aventurisme du personnage en fait certainement un bon client pour la littérature, et l’on n’a pas fini de raconter ses intrigues, y compris sur Deontofi.com.

Mais soyons clair: l’embrouille des pseudo-placements en lettres et manuscrits ne pouvait pas fonctionner honnêtement. Elle n’a pu prospérer qu’au mépris de toute déontologie financière, avec la complicité plus ou moins volontaire de nombreux acolytes et intermédiaires.

Comme il fallait s’y attendre, les milliers d’épargnants ayant englouti leurs économies dans les produits d’Aristophil ont aujourd’hui tout perdu, ou presque. A l’heure des comptes, qui va payer les pots cassés ?

Réponse ici. Epargnants victimes d’Aristophil : qui paiera les pots cassés ?

Lisez aussi : Toute la saga d’Aristophil sur Deontofi.com (sommaire du feuilleton en bas de cette intro)

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